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Les femmes et la terre : des droits fonciers pour une meilleure vie

Par Debbie Budlender et Eileen Alma
Publié par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI)
Site web : www.crdi.ca
2011, 120pp, ISBN 978 1 55250 526 7 téléchargement gratuit

Si la terre constitue le bien le plus important et réunit les aspects économique, politique, et juridique de la vie sociale dans de nombreux pays, la question du droit des femmes à la terre est rarement présente dans les discours sur les droits fonciers. Pourtant dans les pays en développement, celles-ci sont souvent dépendantes de la terre pour vivre. « En de nombreux endroits, les droits des femmes à la terre sont toutefois bafoués, ce qui perpétue la pauvreté et accentue l'inégalité des sexes », affirment Debbie Budlender et Eileen Alma.

Il existe également peu d'informations détaillées sur le rapport des femmes à la terre. C'est ce vide que tentent de combler 'les femmes et la terre', ouvrage basé sur des travaux de recherches financés par le CRDI dans 12 pays d'Afrique sub-saharienne, à travers des expériences vécues par les femmes.

Dans le chapitre 1 définissant les enjeux de la recherche, les auteurs envisagent les relations entre droit coutumier et législations parce que « le texte des lois et ce qui se passe dans la pratique ne concordent pas nécessairement ». Nombre de réformes concernent la terre en général et certaines visent entre autres l'égalité des sexes mais les intérêts des femmes et des hommes par rapport à la propriété et au contrôle de la terre sont manifestement différents.

Le chapitre 2 souligne les méthodes de recherche utilisées. Le CRDI a en effet commandé une série d'études approfondies pour jeter les fondements d'un programme d'appui aux femmes rurales, lequel améliorerait leur situation, tout en demeurant conscient que « les constatations issues de recherches menées dans une région de l'Afrique ne s'appliqueront pas non plus nécessairement à une autre, étant donné l'énorme diversité entre pays ».

Les expériences sur le terrain sont abordées au chapitre 3. Au Kenya par exemple, la politique foncière nationale prévoit la représentation proportionnelle des femmes dans les institutions foncières. En Ouganda, hommes et femmes sont égaux aux yeux de la loi mais la mentalité ambiante est que la terre appartient aux hommes. Les auteurs soulignent aussi l'une des idées controversées du rapport sur le Cameroun où « la capacité des femmes d'accéder à la terre pourrait ne pas représenter un pas vers l'égalité des sexes, mais plutôt traduire le fait que l'agriculture comme moyen de subsistance perd de l'importance ». En effet, suite au nombre croissant d'hommes migrant vers les villes, les femmes se retrouvent détentrices d'un pouvoir décisionnel. Il est donc essentiel de leur donner les moyens nécessaires pour contrôler les terres.

Au Zimbabwe, la recherche a plutôt porté sur les cas de femmes qui avaient réussi à obtenir des terres de réinstallation en 2000 et les auteurs constatent que l'importance de la terre dépasse le cadre économique. « La terre nous nourrit, la terre nous procure un sentiment de dignité, la terre est une source de pouvoir économique », affirme une femme.

Dans le chapitre 4, 'leçons apprises', les auteurs confirment que « dans tous les pays, l'accès des femmes à la terre ne repose pas simplement sur un choix entre des systèmes coutumier et législatif ». Les recherches soulignent aussi la nécessité de considérer le droit coutumier comme un système « vivant » qui évolue et pas comme une structure figée puis encouragent le fait de consulter les femmes et d'obtenir leur participation à l'élaboration des réformes.

Enfin, au chapitre 5 sont présentées des perspectives d'avenir se concentrant notamment sur l'action concertée des femmes qui représente une force politique et économique importante, la sensibilisation et la création de réseaux pour offrir des lieux d'échanges au femmes. L'ouvrage évoque également les aspects méritant une recherche approfondie (accaparement des terres, enfants et accès à la terre, etc.) puis fournit une liste de références et ressources très complète au chapitre 6.

En conclusion, Debbie Budlender et Eileen Alma insistent sur l'importance de fournir enseignement et formation dans diverses disciplines aux jeunes Africaines, « qui pourront contribuer à la création d'une nouvelle génération de chercheures et de dirigeantes africaines et feront avancer des programmes de politiques susceptibles de profiter à l'ensemble de la population ».

Pour plus d'informations sur les femmes et le droit à la terre, visiter le site du CRDI.

Date de publication: décembre 2011

 

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