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Privilégier une économie circulaire (Virtuous circles: values, systems and sustainability)

Virtuous Circles

Edité par Andy Jones, Michel Pimbert et Janice Jiggins
Publié par IIED and CEESP
Site web : www.iied.org
2011, 196pp, téléchargement gratuit

Acheter favorise la croissance et la croissance profite à tous. Mais cette logique conduit à une incroyable accumulation de déchets. Pour y remédier, on peut consommer moins, et produire moins. Et on peut préférer mettre en place une économie circulaire, par opposition à une économie linéaire, estiment les éditeurs de 'Virtuous circles : values, systems and sustainability' publié par l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED).

En effet, notre dépendance aux carburants fossiles signifie que tout ce que nous mangeons ou achetons dépend du pétrole brut, du gaz naturel et de leurs dérivés. L'approche linéaire suppose aussi qu'à une extrémité d'un système, il existe une quantité illimitée d'énergie et de matières premières, tandis qu'à l'autre extrémité l'environnement possède une capacité infinie à absorber la pollution et les déchets. Ce qui résulte inévitablement en pénuries de ressources d'une part et en complications liées à la gestion déchets, au changement climatique et à la pollution atmosphérique de l'autre.

Si 'Virtuous circles' nous dépeint un scénario catastrophe de prime abord, c'est pour mieux présenter une alternative : un futur dans lequel des systèmes durables permettraient à l'homme de s'approvisionner en nourriture, énergie, fibres, textiles, et eau sans menacer l'environnement et respectant des cycles naturels. L'ouvrage utilise des exemples situés en milieu rural au Nepal, en Equateur et au Pérou mais aussi en zones péri-urbaines à Cuba pour illustrer des systèmes de production 'circulaires'.

Dans la première partie de l'ouvrage, Michel Pimbert, l'un des éditeurs, explique : « Dans les zones urbaines comme rurales, une alternative à l'actuel modèle linéaire consiste à développer des systèmes de production circulaires qui minimisent les intrants externes, la pollution et les déchets tout en réduisant les risques, les dépendances et les coûts ». « Ces modèles économiques circulaires, dans lesquels la gestion de l'eau et des déchets est intégrée dans la production alimentaire et énergétique, génèrent également des emplois et permet que la richesse engendrée fasse partie de l'économie locale et régionale », ajoute-t-il.

La section 2 explique pourquoi penser de façon linéaire crée des cercles vicieux, et mentionne notamment les prévisions de L'Agence internationale de l'énergie (AIE) selon laquelle la demande mondiale en énergie augmentera de 40% d'ici 2030, alors que la production de gaz et de pétrole diminuera dramatiquement tout en coûtant de plus en plus cher. Si les carburants fossiles sont la seule réponse à cette demande d'énergie, les températures mondiales moyennes pourraient augmenter de 6 °C au cours de ce siècle, soit une augmentation qui aura des conséquences dramatiques pour la planète.

En opposition, les éditeurs présentent les aspects positifs de l'économie circulaire à la section 3 et mettent en avant les avantages liés à la consommation locale et au recyclage des ressources disponibles, et détaillent l'intégration de cette énergie circulaire dans les systèmes alimentaires et de gestion de l'eau. Ces approches intégrées sont envisagées dans une 'dream farm', un modèle d'exploitation productive qui maximise l'utilisation d'énergies renouvelables et transforme les déchets en nourriture et ressources énergétiques, sans l'apport de carburants fossiles.

De plus, lit-on dans 'Virtuous circles', si l'impact de ces systèmes est négligeable sur l'environnement, les bénéfices socio-économiques sont multiples et importants. La section 4 de l'ouvrage met en évidence des exemples concrets dont les Organopónicos à Cuba ou jardins organiques urbains, qui ont été mis en place par les communautés en réaction à l'insécurité alimentaire suite à la chute de l'Union Soviétique. « L'augmentation de la zone cultivée -atteignant 70.000 ha à la havane en 2006 - dans et autour des villes, est importante parce que cela signifie moins d'essence pour transporter la nourriture aux populations urbaines. Les rendements sont passés de 1.5 kg par m2 en 1994 à 25.8 kg en 2001, soit une production multipliée 17 fois », affirment les éditeurs. Par ailleurs, ce type de production réduit la pollution de l'air et les émissions de gaz à effet de serre. Ce 'reverdissement' de la ville augmente également la biodiversité et sert de 'classe verte' pour tous. Les productions de légumes, plantes et petits animaux mises en place utilisent les ressources disponibles localement, ce qui favorise les communautés aussi.

Les approches seront bien sûr différentes selon les facteurs géographiques et climatiques. Un autre exemple présenté est celui des agriculteurs qui vivent dans le delta de la Pearl River en Chine qui ont développé un système de production circulaire depuis 2.000 ans. L'eau des étangs à poissons fertilise en effet les autres cultures. Les technologies actuelles pourraient, 'devraient' affirment les auteurs, être adoptées pour réutiliser les déchets, qui dans de nombreuses villes, sont toujours évacués vers la mer.

La section 5 révèle des histoires 'secrètes' des produits et services. Que faire de tous ces articles produits en masse, tels la bouteille de ketchup dans la porte de votre frigo, se demandent les éditeurs. Un schéma très clair montre que des systèmes de production localisés réduiraient les distances nécessaires au transport des différents ingrédients, et dans le cas du ketchup, les engrais synthétiques et les pesticides pourraient être évités et des bouteilles en verre utilisées pour être recyclées par après.

Finalement, insistent les éditeurs, la dernière étape et la plus importante sans doute, consiste à convaincre les décideurs politiques que l'économie circulaire n'est pas seulement possible mais essentielle. Et ceci nécessite une nouvelle façon de communiquer aux décideurs mais aussi à la société toute entière. Cet ouvrage nous oblige à penser différemment, à changer rapidement notre façon de consommer et d'agir. L'économie circulaire regorge en effet de promesses, réalisables, à condition d'y croire et d'accepter un profond changement de nos mentalités.

Date de publication: mars 2012

 

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