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Terre nourricière, si elle venait à nous manquer : Halte au pillage des biens communs

Terre nourricière, si elle venait à nous manquer

Par Robert Levesque
Publié aux éditions L'Harmattan
Site Web: www.editions-harmattan.fr
2011, 190 pp., ISBN 978-2-296-54452-8, 18 €

« Chaque fois qu'un sol est détruit, le potentiel de vie humain sur la planète est diminué », dit Robert Levesque dans ce livre, qui traite de l'avenir de l'homme et de son alimentation. Si aujourd'hui 800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, qu'en sera-t-il d'ici 2050, quand la population atteindra, selon les estimations des démographes, les 9 milliards ? En continuant de piller les biens communs, n'est-ce pas vers un 'suicide collectif' que nous nous dirigeons, demande en substance l'auteur. Au nombre de ces biens communs, Robert Levesque compte les sols et la biodiversité mais aussi le climat et les éléments minéraux, non substituables, comme les phosphates et la potasse qui servent à la fabrication d'engrais de synthèse et permettent, s'ils sont utilisés à bon escient, d'augmenter les rendements agricoles. Il tire par ailleurs la sonnette d'alarme face aux excès de la pression urbaine qui grignote toujours davantage de surfaces agricoles et forestières, et met en relief la menace que pose la disparition des espaces naturels en rappelant que « Tout mètre carré d'espace naturel a une fonction de réserve d'eau et de carbone, d'accueil de biodiversité et de production de biomasse. Il est donc porteur de projet pour les générations futures ».

Ce livre ne se limite toutefois pas à l'analyse des composantes agronomiques, climatiques et foncières qui contraignent la production alimentaire mondiale. Il propose également des solutions. Si certaines, telles celles préconisant une modification des modes de consommation et de production, s'adressent plus particulièrement aux pays riches, d'autres peuvent d'ores et déjà être prises en compte dans les pays en développement et en voie d'urbanisation rapide. Robert Levesque proscrit notamment toute action qui viserait à diminuer les surfaces consacrées à la biodiversité au profit d'une agriculture non écologique. « La nouvelle agriculture devra être écologiquement intensive », insiste-t-il, et de donner l'exemple de l'Ukraine, où la valeur ajoutée à l'hectare est bien supérieure sur les lopins de moins d'un hectare que sur les exploitations de grande culture de plusieurs milliers d'hectares.

Ainsi que le résume Hubert Cochet en préface de l'ouvrage : « [...] Robert Levesque propose de renouveler notre rapport à la nature et d'asseoir cette renaissance sur un ensemble de politiques foncières pensées à l'échelle mondiale et visant à réguler l'utilisation du sol dans le sens de l'intérêt général et partagé de l'humanité ».

Ecrit par: Camille De Stoop

Date de publication: mai 2012

 

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