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Profils de pays - Bengladesh

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Plus grand delta du monde, avec peu de terres se situant à plus de 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, le Bengladesh est un des pays les plus densément peuplé. Depuis 1980, le pays connaît une croissance de la production des cultures, du bétail et de l'aquaculture, et est ainsi devenu presque autosuffisant en nourriture. Mais le Bengladesh doit toujours faire face à des problèmes importants : surpopulation, pauvreté généralisée et vulnérabilité liée au changement climatique.

Vue d'ensemble

La majeure partie de la surface du Bengladesh se compose de plaines alluviales fertiles, de terres alluvionnaires riches en nutriments régénérées chaque année par les crues du Gange, du Brahmaputra et du Meghna. Les agriculteurs y pratiquent des cultures intensives successives : une première récolte de riz avec les crues (juin-octobre), une seconde récolte de riz grâce à l'irrigation, et enfin, pendant la saison sèche qui s'étend de novembre à février, une troisième récolte de cultures d'hiver.

Le riz est la culture principale au Bengladesh et sa production a triplé depuis 1980, passant de 10 à 30 millions de tonnes par an. Cette croissance a été rendue possible grâce aux investissements effectués dans la recherche agronomique, à la promotion de variétés à haut rendement, à la libéralisation des restrictions à l'irrigation, à l'importation de pompes et de moteurs diesel, et à la privatisation de la distribution des engrais.

Le riz est la culture principale au Bengladesh (© FAO/Giulio Napolitano)
Le riz est la culture principale au Bengladesh
© FAO/Giulio Napolitano

La dernière décennie est également marquée par une augmentation significative de la production de pommes de terre. Toutefois, les agriculteurs n'ayant pas un accès suffisant à des semences saines, la plupart des graines utilisées sont infectées par le mildiou. Le maïs est une culture relativement récente et est principalement utilisé dans l'alimentation destinée aux volailles.

Malgré la croissance importante de la production de riz, le Bengladesh reste l'un des principaux pays importateurs de céréales en Asie du Sud. Il importe également de grandes quantités d'huile de palme, de blé, de sucre, de fruits et légumes. Le jute, le tabac et le thé sont les principaux produits agricoles d'export ; le Bengladesh demeure à ce jour le plus grand exportateur de jute, une fibre utilisée pour la fabrication de sacs, de nattes et de corde.

La majorité de la population rurale pauvre élève du bétail. Environ 80% possèdent de la volaille et des chèvres et le mouton est également assez répandu. En réponse à une demande croissante en lait et en viande ces dix dernières années, les cheptels de bovins et de buffles se sont également accrus, mais les niveaux de production restent faibles, même par comparaison avec les autres pays de la région. Le Bengladesh dispose d'importantes ressources en eau et est l'un des principaux pays producteurs de produits d'aquaculture. Crevettes, loup, carpe, tilapia sont les espèces d'élevage les plus populaires.

Les femmes au Bengladesh ont souvent du mal à accéder à la terre et aux financements, et elles ne sont pas suffisamment prises en compte dans les programmes de vulgarisation. Toutefois, le projet de la Banque Grameen, consistant à prêter des petites sommes d'argent aux plus pauvres, est devenu un modèle de développement : sur les 8 millions d'emprunteurs, 97% sont des femmes, lesquelles se sont montrées solvables avec des taux de remboursement d'environ 95 à 98%.

Les dangers liés à l'eau

Inondations fréquentes, cyclones et violentes tempêtes mettent en danger les plus pauvres (© FAO/Munir Uz Zaman)
Inondations fréquentes, cyclones et violentes tempêtes mettent en danger les plus pauvres
© FAO/Munir Uz Zaman

Alors que les sols alluvionnaires du pays constituent des terres arables de qualité, les inondations fréquentes, les cyclones est les violentes tempêtes mettent en danger les plus pauvres qui vivent sur des berges instables et dans des zones inondables. Plus de 100.000 personnes sont contraintes de se déplacer chaque année car leurs villages et leurs moyens de subsistance sont emportés par les flots ; en 2004, les inondations qui ont touché deux cinquièmes du pays, ont détruit pratiquement quatre cinquièmes des récoltes et laissé derrière elles 10 millions de sans-abris.

Le Bengladesh ne doit pas seulement faire face aux catastrophes qui accompagnent souvent la saison des moussons. A long terme, toute augmentation du niveau de la mer, conséquence du réchauffement climatique mondial, menace le pays et la survie de millions d'individus. Les scientifiques prévoient que d'ici à 2050, 17% de la surface du Bengladesh pourrait être submergée ; le pays pourrait par ailleurs connaître une chute de 30% du rendement des cultures et une augmentation de l'intensité et de la fréquence des cyclones. Une salinité accrue dans le sud du pays pourrait également rendre une grande partie des terres impropres pour la plupart des cultures.

Des pompes manuelles ont été installées à travers tout le pays dans les années 1970 afin de garantir l'approvisionnement en eau potable et prévenir les maladies hydriques. Jusqu'il y a peu, l'on ignorait qu'en raison de la configuration géologique inhabituelle du Bengladesh, de nombreuses nappes aquifères avaient été contaminées par de l'arsenic naturel ; selon une étude récente publiée dans Lancet, près de 77 millions de personnes ont ainsi été exposées à des niveaux toxiques d'arsenic. Les auteurs ont mis en évidence que plus de 20% des décès survenus dans l'échantillon de population étudié trouvent leur cause dans une exposition à l'arsenic. L'Organisation Mondiale de la Santé a parlé ici « du plus important empoisonnement de masse de l'histoire ».

Gestion des ressources

Les TIC au soutien des programmes de vulgarisation (© D.Net)
Les TIC au soutien des programmes de vulgarisation
© D.Net

Suite à la crise alimentaire mondiale de 2008, le gouvernement a adopté une politique d'autosuffisance pour réduire la dépendance aux importations. Toutefois, compte tenu d'une croissance rapide de la population et de la diminution des terres disponibles pour l'agriculture, l'augmentation de la production dépendra, dans une certaine mesure, de l'extension de l'agriculture dans des zones moins fertiles et pauvres en eau. Le gouvernement en est dès lors arrivé au constat qu'il était nécessaire de développer les services de vulgarisation pour aider les agriculteurs à accroitre leur rendement.

Avec un agent vulgarisateur pour 3.000 agriculteurs, le gouvernement a commencé à exploiter les TIC pour renforcer les programmes de vulgarisation, améliorer l'accès aux marchés, mobiliser des moyens financiers pour les agriculteurs, offrir des formations à distance et organiser les agriculteurs pour leur permettre d'échanger leurs savoirs. Un des opérateurs privés de téléphonie mobile actif dans le pays a mis en place un centre d'appel qui met des experts agronomes à la disposition des appelants. En 2009, le centre a reçu environ 5.000 appels par jour. Des programmes télévisés et radiophoniques sur le thème de l'agriculture permettent également de diffuser de l'information à l'attention des agriculteurs.

En vue d'améliorer l'accès à l'information, le gouvernement développe actuellement via les TIC des systèmes de surveillance pour aider les agriculteurs à détecter et diagnostiquer à temps et correctement les organismes nuisibles et les maladies, et prévenir et contrôler leurs effets néfastes. L'objectif du gouvernement est que les conseillers vulgarisateurs soient à même d'utiliser les TIC pour collecter, classer et fournir aux agriculteurs des informations adaptées au niveau local en ce qui concerne la gestion intégrée des cultures, la disponibilité en intrants et leur dosage, l'irrigation, la qualité des sols, la santé du bétail et l'aquaculture.

Perspectives d'avenir

Les agriculteurs pratiquent la culture successive intensive (© FAO/Munir Uz Zaman)
Les agriculteurs pratiquent la culture successive intensive
© FAO/Munir Uz Zaman

La plupart des performances agricoles engrangées par le passé au Bengladesh peuvent être attribuées à l'adoption de techniques de culture modernes et plus intensives, soutenues par des politiques adéquates. Toutefois, compte tenu de la croissance de la population et la diminution des terres disponibles pour l'agriculture, le pays aura besoin d'une seconde génération de nouvelles variétés de plants capables de croitre et de produire dans des conditions difficiles.

Pour pouvoir rencontrer les Objectifs du Millénaire pour le Développement d'ici à 2015, le gouvernement s'est donné comme priorités la création et la diffusion de technologies, et la vulgarisation agricole à la demande. Le gouvernement soutient également l'e-commerce afin d'améliorer l'accès des agriculteurs aux marchés, ainsi que le développement de nouvelles variétés de cultures pour faire face aux conséquences du changement climatique.

Statistiques
  • Pays: Bengladesh
  • Capitale: Dhaka
  • Superficie: 143.998 km2
  • Population: 156.118.464 (est. juillet 2010)
  • Croissance démographique: 1,5% (est. 2010)
  • Espérance de vie: 69 ans (est. 2010)
  • Groupes ethniques: Bengali 98%, autres 2%
  • Langues: Bangla (officiel), Anglais
  • Inflation: 5,4% (est. 2009)
  • Parité du pouvoir d'achat du PIB: 241 milliards US$ (est. 2009)
  • PIB par habitant: 1.600 US$ (est. 2009)
  • Composition du PIB par secteur: agriculture: 19%; industries: 28%; services: 53% (est. 2009)
  • Utilisation des terres: terres arables: 55%; cultures permanentes: 3%; autre: 42% (2005)
  • Industries principales: textiles de coton, jute, vêtements, transformation du thé, papier journal, ciment, engrais chimiques, petite mécanique, sucre
  • Produits agricoles: riz, jute, thé, blé, canne à sucre, pommes de terre, tabac, légumineuses, graines oléagineuses, épices, fruits; boeuf, lait, volaille
  • Ressources naturelles: gaz naturel, terres arables, bois, charbon
  • Produits d'exportation: vêtements, poissons et crustacés surgelés, jute and produits en toile de jute, cuir
  • Partenaires à l'export: USA 20,24%, Allemagne 12,75%, GB 8,64%, France 6,48%, Pays-Bas 5,9% (2009)

Date de publication: octobre 2011

 

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