Police de caractères: petite normale grande

 

 

Profils de pays - Costa Rica

costa rica

Le Costa Rica est une démocratie stable de longue date et un pays à revenus moyens, qui s'est développé beaucoup plus rapidement que ses voisins d'Amérique Centrale. Malgré une gestion de l'environnement et de la biodiversité en constante amélioration et des investissements publics importants dans les secteurs de la santé et de l'éducation, un cinquième de la population reste pauvre. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement s'est engagé dans des mesures à long terme en vue de développer le secteur agricole.

Vue d'ensemble

La part relativement faible de l'agriculture dans la structure du PIB (9 %) et de l'emploi (15 %) en comparaison avec de nombreux autres pays développés, est la conséquence de plusieurs facteurs : une affectation limitée des terres à l'agriculture, la reforestation, la diminution de l'aide publique aux petits agriculteurs et une forte croissance dans les secteurs des services (principalement le tourisme) et de l'industrie. Les principales cultures vivrières exploitées sont le maïs blanc, le riz, les haricots, les tomates, les pommes de terre, le yucca et les oignons.

Au cours de la dernière décennie, d'importantes surfaces de pâturages ont été transformées en cultures d'ananas, de riz et de cannes à sucre ; la diminution consécutive de la population bovine a toutefois été compensée par une productivité accrue. Malgré le déclin des fermes bovines de grande envergure, les petits agriculteurs poursuivent l'élevage de bétail, principalement des cochons, des chèvres et de la volaille. L'exportation des produits du bœuf représente environ 1,5 % du total des exports agricoles, et a connu une très légère augmentation de son volume ces dernières années.

Les bananes et les ananas sont les principales cultures d'exportation (© IFAD/Carlos Salazar)
Les bananes et les ananas sont les principales cultures d'exportation
© IFAD/Carlos Salazar

La part de l'agriculture dans le total des exportations est assez considérable, atteignant 37 % pour la période allant de janvier à octobre 2010, et concernant quelques 870 produits différents. Bananes et ananas sont les principales cultures d'exportation, exploitées par des multinationales telles que Delmonte, Dole, Standard Fruit et Chiquita pour ne citer que les acteurs dominants. Plus de 90 % de ces ventes vont vers l'Union Européenne et les Etats-Unis. La troisième culture d'exportation la plus importante est le café. Ensemble, ces trois cultures représentent près de la moitié des revenus de l'export agricole en 2010. L'huile de palme, les melons, le sucre de canne et les plantes ornementales totalisant pour leur part un autre 10 %.

Les producteurs de bananes et d'ananas à grande échelle sont la cible de critiques continues et persistantes de la société civile et de quelques actions judiciaires, en raison de l'impact environnemental particulièrement nuisible de leurs activités sur les terres environnantes et l'approvisionnement en eau. Malgré cela, les associations de producteurs de bananes et d'ananas CORBANA et CANAPEP insistent toutes les deux sur le fait que les standards environnementaux et sociaux dans leurs plantations ont été progressivement relevés et répondent maintenant entièrement aux prescrits légaux. Un projet conjoint CORBANA - UNEP (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) sur les bonnes pratiques agricoles dans le secteur de la banane a récemment été lancé et a pour objectif de déboucher sur de nouveaux progrès en la matière, et notamment de stopper les infiltrations de pesticides dans la Mer des Caraïbes. Le gouvernement a également initié en 2010 un plan d'action pour éradiquer les infestations de mouches des étables.

Entièrement entre les mains de très petits producteurs, la production de café a décliné ces dernières années à cause des prix très faibles sur le marché mondial au début des années 2000, de l'escalade des coûts des engrais qui a suivi due à l'augmentation des prix du pétrole, de plusieurs événements climatiques extrêmes, de maladies affectant les plants, et des pressions de l'expansion urbaine. Tout ceci a incité plus de 25.000 agriculteurs à se détourner de la culture du café jusqu'en 2010, soit un tiers du nombre total des producteurs recensés en 2000. Un ambitieux programme de replantation subventionné par le gouvernement et utilisant des variétés de caféiers traditionnelles et améliorées, est actuellement en cours. Bien que les prix mondiaux se soient relevés, l'inquiétude croît quant aux effets du changement climatique sur la viabilité future de ce secteur.

Le Costa Rica est l'écrin de près de 6 % de la biodiversité mondiale (© Rainforest Alliance)
Le Costa Rica est l'écrin de près de 6 % de la biodiversité mondiale
© Rainforest Alliance

Ecrin de près de 6 % de la biodiversité mondiale, environ 26 % du territoire du Costa Rica est affecté à des forêts protégées, des parcs nationaux et des réserves naturelles. Un climat tempéré tout au long de l'année combiné à une grande variété de paysages, tropicaux et subtropicaux, une chaine de volcans spectaculaires dans les hauts-plateaux du centre, et des côtes paradisiaques le long du Pacifique et des Caraïbes, font du Costa Rica une destination majeure de l'éco-tourisme.

Le Costa Rica est devenu l'un des pays les plus déboisés au monde suite à une vague de déforestation rapide menée dans les années 1950 pour créer de l'espace pour l'agriculture et l'élevage de bovins. Un changement radical de direction a été entamé dans les années 1980 lorsque les politiques d'ajustement structurel de la Banque Mondiale ont diminué la rentabilité de telles opérations au profit de terres forestières marginales. L'introduction subséquente de politiques de zones protégées, de reforestation intensive et de gestion améliorée des forêts, s'est accompagnée de la création d'organismes publics et privés qui ont travaillé conjointement au reboisement de grandes étendues. Les forêts couvrent maintenant plus de 2,4 millions d'hectares, soit un peu moins de la moitié de la surface totale du pays.

Les engagements du gouvernement

L'engagement pris en 1994 par le Président José Maria Figueres de faire du Costa Rica un modèle pour le développement durable est resté un objectif constant des gouvernements successifs, même si sa mise en œuvre apparaît inégale. Le pays vise également un bilan carbone neutre d'ici à 2021. Entrée en fonction en mai 2010, la Présidente Laura Chinchilla a lancé un appel pour une nouvelle politique publique à long-terme dans le secteur agricole et de l'industrie alimentaire. Parmi les objectifs définis, on retiendra entre autre l'accroissement des performances en termes d'économie et d'exportation, et l'amélioration des standards environnementaux, en ce compris l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets.

Un programme de replantation de caféiers subventionné par le gouvernement est actuellement en cours (© FAO/Giuseppe Bizzarri)
Un programme de replantation de caféiers subventionné par le gouvernement est actuellement en cours
© FAO/Giuseppe Bizzarri

Fondée sur trois piliers - compétitivité, innovation et développement technique, et gestion des zones rurales - la nouvelle politique de la Présidente Chinchilla continue de soutenir, avec l'aide de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le plan national de lutte contre la faim élaboré en 2008 en réponse à la baisse des niveaux nutritionnels des familles à faible revenu et au rendement réduit des cultures vivrières de base, lesquelles sont supplantées par des produits d'importation moins onéreux. Sa politique intègre également les engagements régionaux pris par le Costa Rica dans le cadre de la politique agricole centraméricaine, la politique régionale agroenvironnementale et de santé, et la stratégie centraméricaine de développement rural territorial. Elle reprend aussi les mesures de libéralisation progressive du commerce à mettre en œuvre en exécution des accords de libre échange d'Amérique centrale récemment conclus avec les Etats Unis et l'Union Européenne.

Il est encore trop tôt pour mesurer l'impact de cette nouvelle politique sur l'amélioration de la situation des agriculteurs et des populations pauvres des campagnes. La Chambre Nationale d'Agriculture et de l'Industrie Agroalimentaire (Camara Nacional de Agricultura y Agroindustria) a soulevé des questions précises sur la manière dont la politique sera financée, et le syndicat national des agriculteurs (UPANACIONAL) insiste pour sa part sur le fait que l'on ne pourra réaliser un développement rural important que par un ensemble intégré de mesures couvrant toutes les activités économiques, y compris l'agriculture, l'agro-tourisme et l'agroalimentaire. Le Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage analyse actuellement les commentaires rassemblés dans le cadre de consultations avec les parties prenantes menées en deux phases à l'échelle nationale, en vue d'annoncer dans le courant de cette année la politique définitive qui sera menée.

Statistiques
  • Pays: Costa Rica
  • Capitale: San Jose
  • Superficie: 51.100 km2
  • Population: 4.516.220 (est. juillet 2010)
  • Croissance démographique: 1,3 % (est. 2010)
  • Espérance de vie: 78 ans (est. 2010)
  • Groupes ethniques: blancs (en ce compris les mestizos) 94 %, africains 3 %, amérindiens 1 %, chinois 1 %, autres 1 %
  • Langues: Espagnol (officiel), Anglais
  • Inflation: 5,8 % (est. 2010)
  • Parité du pouvoir d'achat du PIB: 51,3 milliards US$ (est. 2010)
  • PIB par habitant: 11.400 US$ (est. 2010)
  • Composition du PIB par secteur: agriculture: 6 %; industries: 23 %; services: 71 % (est. 2010)
  • Utilisation des terres: terres arables: 4 %; cultures permanentes: 6 %; autre: 90 % (2005)
  • Industries principales: agroalimentaire, équipement médical, textiles et habillement, matériaux de construction, engrais, produits en plastique
  • Produits agricoles: bananes, ananas, café, melons, plantes ornementales, sucre, maïs, riz, haricots, pommes de terre; bœuf, volaille, produits laitiers; bois
  • Ressources naturelles: hydroélectricité
  • Produits d'exportation: bananes, ananas, café, melons, plantes ornementales, sucre; bœuf; fruits de mer; composants électroniques, équipement médical
  • Partenaires à l'export: USA 32,61 %, Pays-Bas 12,82 %, Chine 11,81 %, Mexique 4,2 % (2009)

Ecrit par: Vanya Walker-Leigh

Date de publication: novembre 2011

 

The New Agriculturist is a WRENmedia production.

Ce site web utilise des cookies pour améliorer votre navigation. En continuant de le parcourir, vous marquez votre accord sur le fait que nous ayons recours aux cookies.
J'accepte
Pour en savoir plus