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Profils de pays - Côte d'Ivoire

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Le secteur agricole de la Côte d'Ivoire a connu une croissance importante après l'accès du pays à l'indépendance en 1960. Les recettes engrangées par l'exportation des ananas, des bananes, de l'huile de palme, du cacao et du café ont permis au gouvernement d'investir massivement dans la santé, l'éducation et les infrastructures. Dès 1980, le pays était le principal exportateur mondial de cacao et le premier pays africain pour l'export d'ananas et d'huile de palme. Les sécheresses et la récession mondiale qui ont affecté le début des années 80 ont toutefois entraîné un triplement de la dette externe du pays ; le chaos politique et la guerre civile, qui a débuté en 2002, ont pour leur part achevé de miner l'économie ivoirienne. En conséquence, le taux de pauvreté est passé de 15 à 62 % entre 1985 et 2008.

Vue d'ensemble

Deux tiers de la population travaillent dans le secteur agricole, lequel représente 30 % du PIB et 70 % des recettes d'exportation. Riz, igname, manioc, plantain, maïs et légumes sont les principales cultures vivrières, majoritairement exploitées par de petits agriculteurs. La Côte d'Ivoire est autosuffisante en manioc, igname et bananes mais dépend fortement de ses imports en riz, produits laitiers, viande et poisson.

Productivité agricole réduite, prix d'achat faibles, coûts élevés des intrants, importantes pertes après récoltes, utilisation inadéquate des techniques modernes de culture, et vieillissement des plantations de cacao et de palmier à huile : ces facteurs ont été pointés comme contribuant à maintenir les revenus des agriculteurs à un faible niveau. Quant au déclin de la production agricole, il est le résultat entre autres du dysfonctionnement des coopératives, d'une absence de modernisation et de mécanisation, de l'insuffisance des subsides et d'un manque de terres arables du fait de la croissance démographique.

Deux tiers de la population travaillent dans le secteur agricole (© IFAD/Christine Nesbitt)
Deux tiers de la population travaillent dans le secteur agricole
© IFAD/Christine Nesbitt

Le pays se divise en deux régions agricoles distinctes : la région forestière au sud et la zone de savane, plus sèche, au nord. Grâce à des précipitations plus importantes et plus régulières ainsi qu'à des sols de meilleure qualité, la région forestière produit la majorité des cultures d'exportation. La Côte d'Ivoire est le plus grand producteur mondial de cacao. Son exploitation est principalement le fait de petits agriculteurs travaillant sur moins de trois hectares. Les autres cultures d'exportation les plus importantes sont le café, le caoutchouc, le coton, l'ananas, la banane, l'huile de palme, les noix de cajou et le tabac.

L'élevage du bétail se concentre essentiellement sur le nord du pays, la mouche tsé-tsé affectant la plupart du territoire ivoirien. Alors que la quasi totalité de la volaille consommée est produite au niveau national, la production interne de bœuf répond à peine à 40 % de la demande. Moutons, chèvres et porcs sont également des élevages importants ; toutefois, les revenus qu'ils génèrent restent faibles en raison du coût élevé des intrants, des services vétérinaires limités, de l'accès réduit aux marchés et de la faible productivité des races traditionnelles.

Malgré une production nationale faible, le secteur piscicole fournit 30 % du poisson consommé dans le pays. Abidjan est le second plus grand port de l'Atlantique pour le débarquement du thon et trois usines de transformation assurent la mise en conserve du thon en vue de son export. La plupart des pêcheurs artisanaux concentrent leur activité sur les petits poissons pélagiques et les sardines, lesquels sont généralement vendus frais ou fumés. Sur les 10.000 pêcheurs artisanaux qui fréquentent les eaux ivoiriennes, 90 % sont des ghanéens, les ivoiriens contrôlant quant à eux la pêche dans les lagons, les eaux intérieures et l'industrie naissante de l'aquaculture.

La transformation des forêts pour un usage agricole, en ce compris la production de café et de cacao, et l'exploitation du bois (troisième source de revenus la plus importante de la Côte d'Ivoire) ont causé d'importants dommages : la couverture forestière est ainsi passée de 12 millions d'hectares en 1960 à 2,8 millions d'hectares en 2007, soit une perte de plus de 75 % en moins de 50 ans. Selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), la déforestation non réglementée et l'agriculture intensive ont également contribué à accélérer la dégradation de la savane et à diminuer la fertilité des sols.

Revitaliser la culture du cacao

Environ 6 millions de personnes travaillent dans le secteur du cacao, lequel représente 40 % des recettes annuelles d'exportation. L'instabilité des prix du cacao sur les marchés internationaux a dès lors un impact important sur la pauvreté. L'absence de concurrence a également pour conséquence que les agriculteurs ne touchent souvent à peine que 0,5 % du prix de vente au détail du cacao. Les récents troubles politiques ont aussi affecté cette industrie : les exportations de cacao ont été interdites pendant trois mois en application des sanctions internationales décidées suite à l'élection présidentielle contestée de 2010.

6 millions de personnes travaillent dans le secteur du cacao (© Keith Weller/USDA)
6 millions de personnes travaillent dans le secteur du cacao
© Keith Weller/USDA

Par ailleurs, la sensibilité du cacao aux maladies et le vieillissement des plants en Côte d'Ivoire ont pour conséquence que les rendements du pays sont parmi les plus faibles au monde, atteignant à peine 500 kg par hectare alors que l'Indonésie produit 2 tonnes par hectare et le Ghana 1,5 tonnes. La maladie du « swollen shoot », transmise par des cochenilles, décime des arbres entiers, tandis que la pourriture brune de la cabosse est un champignon qui dessèche et flétrit les fèves. Dans le cadre de son plan de relance de la productivité et d'amélioration de la qualité des fèves de cacao, Nestlé a multiplié les distributions de cacaoyers à haut rendement et résistants aux maladies. La compagnie a ainsi projeté de distribuer entre juillet et décembre 2011 plus de 1,5 millions de jeunes arbres.

En association avec le Centre mondial d'agroforesterie (ICRAF), Mars a également mis en place un programme destiné à revitaliser l'industrie du cacao et améliorer le niveau de vie des agriculteurs actifs dans ce secteur. Le projet vise à augmenter les rendements en les faisant passer d'environ 400 kg par hectare à 1.500 kg et ce grâce à une réhabilitation des anciennes plantations, le recours à des variétés génétiques améliorées et la promotion de meilleures pratiques. Bien que le projet ait été suspendu pendant la crise politique de 2010, les formations ont commencé et deux centres de démonstration ont vu le jour. Ceux-ci fournissent l'assistance nécessaire aux agriculteurs et aux agents de développement.

Autre source de préoccupation : le changement climatique. D'après un rapport récent du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), la hausse des températures attendue en raison du changement climatique rendra l'exploitation du cacao impossible dans de nombreuses régions d'Afrique de l'Ouest. Comme les zones les plus adaptées pour la culture du cacao se déplacent progressivement vers des terres plus élevées en altitude, on doit s'attendre à de nouvelles déforestations. En plus de suggérer un recours plus généralisé aux arbres d'ombrage et l'exploitation combinée de cultures de rapport et vivrières, pour limiter les pertes si l'une des récoltes est mauvaise, le rapport lance un appel pour que soient menées de nouvelles recherches pour le développement de variétés de cacaoyer supportant des températures plus élevées.

Maximiser les atouts

Le secteur agricole demeurera le moteur de l'économie ivoirienne pour les 15 prochaines années à venir (© IFAD/Christine Nesbitt)
Le secteur agricole demeurera le moteur de l'économie ivoirienne pour les 15 prochaines années à venir
© IFAD/Christine Nesbitt

La crise qui a suivi l'élection de 2010 en Côte d'Ivoire a laissé un pays fragile et instable. Les donateurs internationaux sont prêts à intervenir pour aider ce pays dont le potentiel d'expansion et de développement du secteur agricole est particulièrement important ; toutefois les experts ne cachent pas qu'il faudra également lutter contre une corruption généralisée. Plus de 13.000 agriculteurs ont déjà profité d'un projet mené par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dont l'objectif est de restaurer et revaloriser 11.000 hectares de plantations de café et de cacao dans les régions les plus touchées par la crise post-électorale de 2010. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment approuvé un prêt de 615 millions US$ destiné à accélérer la reprise économique du pays.

Malgré ses faiblesses, des études récentes ont établi que le secteur agricole demeurera le moteur de l'économie ivoirienne pour au moins les 15 prochaines années. Le Ministère de l'Agriculture s'est toutefois donné pour défi de mener à bien une réforme du secteur et d'augmenter la production tout en respectant l'environnement. Le Ministère a également mis en avant le besoin de créer de la valeur ajoutée dans la vaste gamme des matières premières exportées actuellement, en ce compris le cacao et le caoutchouc.

Statistiques
  • Pays: République de Côte d'Ivoire
  • Capitale: Yamoussoukro
  • Superficie: 322.463 km2
  • Population: 21.504.162 (est. juillet 2011)
  • Croissance démographique: 2,1 % (est. 2011)
  • Espérance de vie: 57 ans (est. 2011)
  • Groupes ethniques: Akan 42,1 %, Voltaïque ou Gur 17,6 %, Mandé du nord 16,5 %, Krous 11 %, Mandé du sud 10 %, autres 2,8 %
  • Langues: français (officiel), 60 dialectes dont le Dioula est le plus répandu
  • Inflation: 1,1 % (est. 2010)
  • Parité du pouvoir d'achat du PIB: 37,02 milliards US$ (est. 2010)
  • PIB par habitant: 1.800 US$ (est. 2010)
  • Composition du PIB par secteur: agriculture: 28 %; industries: 21,3 %; services: 50,7 % (est. 2010)
  • Utilisation des terres: terres arables: 10,233 %; cultures permanentes: 11,16 %; autre: 78,61 % (2005)
  • Industries principales: produits alimentaires, boissons; produits ligneux, raffinage de pétrole, assemblage de camions et bus, textiles, engrais, matériaux de construction, électricité, construction et réparation navale
  • Produits agricoles: café, cacao, bananes, palmiste, maïs, riz, manioc (tapioca), patates douces, sucre, coton, caoutchouc; bois
  • Ressources naturelles: pétrole, gaz naturel, diamants, manganèse, minerai de fer, cobalt, bauxite, cuivre, or, nickel, tantale, sable de silice, argile, cacao, café, huile de palme, hydroélectricité
  • Produits d'exportation: cacao, café, bois, pétrole, coton, bananes, ananas, huile de palme, poissons
  • Partenaires à l'export: USA 10,2 %, Pays-Bas 10 %, Nigeria 7,7 %, Ghana 6,7 %, Allemagne 6,2 %, France 6,2 %, Burkina Faso 4,5 % (2010)

Ecrit par: Louis Amede

Date de publication: janvier 2012

 

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