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Profils de pays - Ouganda

uganda

Autrefois connu comme la « perle de l'Afrique » en raison des ses considérables ressources naturelles, l'Ouganda a vu l'exploitation de son potentiel agricole entravée par les dictatures et la guerre civile. Ces dernières années, le retour progressif de la paix, de la stabilité et de la prospérité a permis à l'Ouganda de réaliser d'importants progrès. Toutefois, la persistance du conflit dans le nord du pays a pour conséquence que les niveaux de pauvreté dans cette région restent deux fois plus élevés que dans le reste de l'Ouganda.

Vue d'ensemble

L'agriculture est un secteur essentiel de l'économie ougandaise et la principale source d'emploi. Plus de 80 % des femmes travaillent dans ce secteur et participent ainsi à environ 75 % de la production agricole. Plantains, manioc, patate douce et maïs constituent les principales cultures de subsistance. Le café est la première culture d'exportation, suivie par le thé, le tabac et le coton.

Bien que l'on constate des avancées dans l'offre d'assurances contre les mauvaises récoltes, l'accès des petits agriculteurs au crédit reste limité. Les facteurs qui limitent et compromettent la subsistance des agriculteurs sont nombreux : le coût élevé et la disponibilité limitée des intrants agricoles améliorés- en ce compris les semences hybrides et les technologies post-récoltes, des services de vulgarisation dépassés, un réseau de transport médiocre, le manque d'information sur les marchés, des équipements de production et post-récoltes inadaptés, et la fragilité des liens avec les chaînes de valeur.

L'agriculture est un secteur essentiel de l'économie ougandaise (© Neil Palmer (CIAT))
L'agriculture est un secteur essentiel de l'économie ougandaise
© Neil Palmer (CIAT)

Bien que d'énormes progrès aient été réalisés en termes de réduction de la pauvreté, environ 40 % de la population rurale vit toujours sous le seuil de pauvreté ; les régions les plus pauvres se situent au nord et au nord-est du pays, là où la guerre civile a profondément bouleversé la vie et l'activité des petits agriculteurs. Le retour d'une paix relative en 2006 a permis d'entamer la reconstruction du secteur agricole dans ces régions, avec la distribution de semences, de bétail et d'outils. De nombreuses organisations ont également assuré des formations pour transmettre des compétences en agriculture à une génération de jeunes qui n'avait connu jusqu'alors que les camps protégés. Le retour massif des populations chez elles a par ailleurs nécessité un important travail de gestion des conflits pour résoudre les litiges découlant des modifications de délimitation des terrains et de l'accaparement de bandes entières de terres intervenus en leur absence.

Le bétail constitue un moyen de subsistance important pour la plupart des ménages ougandais. Malgré le nombre croissant des cheptels de bovins, brebis, chèvres, porcs et volailles, la productivité a diminué à cause des vols, des maladies et du manque de pâtures. Le secteur laitier a également souffert du faible prix du lait, des coûts élevés des médicaments vétérinaires et des problèmes de transport. Le pays dispose du potentiel pour augmenter ses exportations, principalement vers le Sud Soudan, mais la déficience du contrôle sanitaire et l'absence d'infrastructures de transformation limitent les possibilités d'exportation de viande bovine et de produits laitiers.

L'export de poissons est la seconde ressource d'exportation la plus importante (© WRENmedia)
L'export de poissons est la seconde ressource d'exportation la plus importante
© WRENmedia

Grâce aux normes de qualité et de sécurité élevées atteintes dans le cadre de la production et de l'export de poissons, cette activité est devenue la seconde ressource d'exportation la plus importante pour le pays. Mais les captures sont en baisse à cause de méthodes de pêche destructrices, de la surpêche, du non respect des réglementations et de la prolifération d'algues due à la pollution. Des statistiques gouvernementales montrent que le volume des captures dans le lac Victoria s'amenuise, tandis que la population halieutique a pratiquement disparu dans les lacs Edward et Georges.

La mauvaise gestion des ressources naturelles a également affecté les forêts, les sols et les milieux humides, avec pour conséquence une diminution des rendements agricoles. La réduction de la couverture forestière a été attribuée à l'augmentation de la demande en terres agricoles et en bois de chauffage résultant d'une croissance démographique galopante, ainsi qu'à l'insuffisance des efforts consentis pour faire respecter les politiques d'utilisation des terres. Le secteur forestier participe toutefois à l'économie du pays : vente de bois, écotourisme, miel, plantes médicinales et rotin. En plus de promouvoir le reboisement et le boisement, le gouvernement tente également de faire respecter des dispositions législatives et réglementaires de protection des forêts et de l'environnement, et de renforcer les réseaux qui permettront la participation au marché international des crédits carbone.

Un secteur fragile

Le secteur du café repose presque totalement sur l'activité de petits agriculteurs (© Sarahemcc/Flickr)
Le secteur du café repose presque totalement sur l'activité de petits agriculteurs
© Sarahemcc/Flickr

L'Ouganda est l'un des principaux producteurs mondiaux de café Robusta. De l'Arabica est également cultivé, essentiellement sur les flancs des Monts Elgon et Rwenzori. Le café représente 20 à 30 % des recettes du pays en devises étrangères. Le secteur repose presque totalement sur l'activité de petits agriculteurs qui combinent généralement le café avec des cultures alimentaires comme la banane ou les haricots. Les rendements et la qualité sont faibles en raison d'arbres trop vieux et de sols mal gérés et lessivés. Depuis les années 1990, l'industrie souffre également d'une maladie du caféier, la trachéomycose. Selon l'Agence ougandaise pour le développement du café, 50 % de l'ensemble des caféiers Robusta a été infecté par la maladie et a disparu. L'instabilité des prix du café sur le marché mondial a également affecté l'industrie, poussant des agriculteurs à abandonner cette activité ou à couper leurs arbres. L'augmentation des prix à la production survenue ces cinq dernières années a toutefois relancé la demande en plants de caféiers.

Les conditions météorologiques de plus en plus instables, dues au changement climatique, ont également commencé à affecter les exploitants de café, qui doivent désormais faire face aux problèmes résultant de sécheresses prolongées et de précipitations aléatoires. En 2010, des inondations importantes près du Mont Elgon ont détruit 60.000 caféiers et tué près de 400 personnes. Un lien a également été établi entre l'augmentation des températures et la prolifération des parasites et maladies du café. Dans l'est de l'Ouganda, par exemple, la rouille des feuilles du caféier, un champignon que l'on retrouvait autrefois uniquement à basse altitude, migre vers les hauteurs des montagnes ougandaises.

Plan d'action

Le gouvernement s'attelle à renforcer la recherche agricole au niveau national (© Neil Palmer (CIAT))
Le gouvernement s'attelle à renforcer la recherche agricole au niveau national
© Neil Palmer (CIAT)

Selon le dernier Plan de développement national ougandais, tout développement économique et social durable dépend principalement de l'exploitation des ressources environnementales et naturelles du pays. Mais l'aggravation de la dégradation de ces ressources et les problèmes liés au changement climatique nuisent gravement au développement de l'Ouganda et aux moyens d'existence de millions de gens. Le gouvernement en est ainsi arrivé à la conclusion qu'investir dans l'agriculture pour atteindre des taux de croissance plus élevé est le moyen le plus efficace de réduire la pauvreté.

Pour relever ces défis, le gouvernement travaille sur plusieurs approches : le renforcement de la recherche agricole au niveau national, la fourniture de conseils de qualité aux agriculteurs, l'amélioration des systèmes de détection et de contrôle des parasites et maladies, et la promotion de pratiques durables d'utilisation des terres et d'une meilleure gestion des sols et de l'eau. Des projets sont également en cours pour réhabiliter et développer des systèmes d'irrigation, réhabiliter les infrastructures rurales, faciliter l'accès aux marchés, renforcer les organisations d'agriculteurs, et améliorer la réglementation, et son application, en matière de normes alimentaires et de sécurité sanitaire afin de d'augmenter le niveau des exportations.

Statistiques
  • Pays: République d'Ouganda
  • Capitale: Kampala
  • Superficie: 241.038 km2
  • Population: 34.612.250 (est. juillet 2011)
  • Croissance démographique: 3,6 % (est. 2011)
  • Espérance de vie: 53 ans (est. 2011)
  • Groupes ethniques: Banganda 16,9 %, Banyakole 9,5 %, Basoga 8,4 %, Bakiga 6,9 %, Iteso 6,4 %, Langi 6,1 %, Acholi 4,7 %, Bagisu 4,6 %, Lugbara 4,2 %, Bunyoro 2,7 %, autres 29,6 %
  • Langues: anglais (officiel), ganda, luganda, autres langues nigéro-congolaises, langues nilo-sahariennes, swahili, arabe
  • Inflation: 4 % (est. 2010)
  • Parité du pouvoir d'achat du PIB: 42,15 milliards US$ (est. 2010)
  • PIB par habitant: 1.300 US$ (est. 2010)
  • Composition du PIB par secteur: agriculture: 23,6 %; industries: 24,5 %; services: 51,9 % (est. 2010)
  • Utilisation des terres: terres arables: 21,57 %; cultures permanentes: 8,92 %; autre: 69,51 % (2005)
  • Industries principales: sucre, bière, tabac, coton, textiles, ciment, acier
  • Produits agricoles: café, thé, coton, tabac, manioc, pommes de terre, maïs, millet, légumineuses, fleurs coupées, boeuf, lait de chèvre, volaille
  • Ressources naturelles: cuivre, cobalt, hydroélectricité, calcaire, sel, terres arables, or
  • Produits d'exportation: café, poisson, thé, coton, fleurs, produits horticoles, or
  • Partenaires à l'export: Soudan 15,3 %, Kenya 10,2 %, Rwanda 8,5 %, République démocratique du Congo 7,8 %, Emirats arabes unis 7,7 %, Pays-Bas 6,4 %, Allemagne 5,4 %, Belgique 4,1 % (2010)

Avec la collaboration de: Grace Musimami

Date de publication: mars 2012

 

The New Agriculturist is a WRENmedia production.

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