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Profils de pays - Zambie

zambia

La Zambie jouit d'un potentiel agricole impressionnant, ce qui a lui valu de figurer un temps à la pointe de la « révolution verte », notamment grâce à du maïs hybride dont les rendements ont pulvérisé des records dans les années 1960. Toutefois, malgré un climat favorable, des terres fertiles et des ressources en eau représentant 40 % de l'eau disponible dans toute l'Afrique Australe, ce potentiel est encore largement inexploité. Seuls 14 % de l'ensemble des terres cultivables - lesquelles représentent 58 % du territoire - sont actuellement exploitées. Et malgré des récoltes de maïs exceptionnelles, l'agriculture ne représente toujours que 20 % du PIB alors que ce secteur emploie à peu près 85 % de la population.

Une des raisons de cette faible productivité agricole peut être cherchée dans la forte dépendance de la Zambie face à l'exploitation du cuivre : le pays est en effet le plus grand producteur de ce métal sur le continent africain et ce secteur a ainsi généralement bénéficié de la majorité des investissements par priorité sur l'agriculture. La privatisation des mines de cuivre que possédait l'état, les prix élevés de ce métal sur les marchés et les investissements étrangers ont renforcé l'économie entrainant ainsi une forte croissance du PIB de près de 6 % ces dernières années. Et pourtant plus de 60 % des 13 millions d'habitants que compte la Zambie vivent toujours dans la pauvreté et dépendent d'une agriculture de subsistance de petite échelle pour (sur)vivre.

Des collines, des plateaux et de l'eau en abondance

Malgré des récoltes de maïs exceptionnelles, l'agriculture ne représente toujours que 20 % du PIB (© Georgina Smith)
Malgré des récoltes de maïs exceptionnelles, l'agriculture ne représente toujours que 20 % du PIB
© Georgina Smith

Enclavée en Afrique Australe, la Zambie partage ses frontières avec la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana, la Namibie, l'Angola et la République démocratique du Congo. Le pays se divise en trois régions agro-écologiques principales : le sud-est aride où poussent en abondance des acacias ; la région centrale qui s'étend d'est en ouest - la plus productive du point vue agricole grâce à des précipitations plus importantes ; et enfin le nord, région où l'on retrouve les plus fortes précipitations, et qui est parfaitement adaptée pour la culture du riz, du manioc, des ananas et des bananes.

Les petits producteurs zambiens sont vulnérables aux chocs climatiques de plus en plus extrêmes qui frappent la région tels que les sécheresses et les inondations. Le coût de ces bouleversements climatiques représente environ un point de pourcentage du PIB national chaque année. Parmi les autres difficultés qui affectent le secteur agricole, l'on notera le manque d'investissement dans les infrastructures agricoles, comme l'irrigation, et les politiques gouvernementales qui ont généralement eu pour résultat de limiter la participation du secteur privé et de fausser les marchés agricoles.

Valeur ajoutée et « flower power »

Le maïs est une culture vivrière principalement exploitée par des petits agriculteurs (© WFP)
Le maïs est une culture vivrière principalement exploitée par des petits agriculteurs
© WFP

Les cultures vivrières, et notamment le maïs, le sorgho, le riz, le mil et le manioc, sont principalement exploitées par des petits agriculteurs, mais le secteur privé a poussé le gouvernement à libéraliser le marché des productions vivrières pour attirer les investissements commerciaux. Ainsi par exemple, une partie du maïs en Zambie est produit par des agriculteurs commerciaux, mais ces derniers abandonnent de plus en plus cette culture, lui préférant des alternatives commerciales plus lucratives comme les graines de soja : l'on prévoit une chute de la production commerciale du maïs de 80 % qui passerait ainsi de 350.000 tonnes en 2011 à 60.000 tonnes en 2012.

Les principales cultures d'exportation en Zambie sont le tabac (98 % de la production est exportée), le coton, le thé et le café. Selon l'association des producteurs de café de Zambie, les mauvaises conditions météorologiques et le manque d'accès aux possibilités de financement de la croissance à long terme ont entrainé une chute de la production ces dernières années ; mais les plans développés par les petits producteurs pour améliorer les techniques de production des grains de café vert devraient augmenter les revenus et redynamiser les investissements dans le secteur.

Quelques industries zambiennes d'exportation connaissent une croissance très rapide : la floriculture, qui exporte des roses pour environ 40 millions US$ chaque année, en fait partie. Plus de 60 variétés de roses fraîches, telles que la Tropical amazon ou encore la Red calypso, représentent 95 % de la production floricole, le reste étant constitué de fleurs d'été comme les amaranthes et les buplèvres. Le secteur emploie plus de 6.000 personnes dont la moitié sont des femmes. Le cuir et les peaux - principalement du cuir d'origine bovine, mais également des peaux de crocodiles, d'autruches et de serpents - sont eux aussi des produits d'exportation prisés, tant au niveau régional qu'à l'échelle mondiale, et particulièrement à destination de l'Italie, de la Chine et de Hong Kong, pour la confection d'articles de mode, vêtements ou chaussures.

A l'heure des grands changements et des réformes politiques

Le chikanda est l'un des produits dont l'exploitation fait l'objet d'investissements publics renforcés (© Georgina Smith)
Le chikanda est l'un des produits dont l'exploitation fait l'objet d'investissements publics renforcés
© Georgina Smith

Les récentes élections de septembre 2011 ont porté au pouvoir le Front Patriotique, le parti mené par Michael Chilufya Sata. Le nouveau gouvernement a fait du développement de l'agriculture une de ses priorités avec le tourisme, l'extraction des pierres précieuses et l'hydroélectricité. Les investissements dans le secteur agricole ont été fortement renforcés dans le budget présenté à la nation : celui-ci propose une participation accrue du secteur privé et un relèvement des financements pour assurer la réforme, en ce compris l'amélioration du fonctionnement de l'autorité d'achat de maïs, la Food Reserve Agency (FRA).

Un des changements principaux présentés dans la nouvelle politique agricole envisage le passage du maïs comme culture vivrière vers les oléagineux et les légumes, le manioc, la patate douce, le mil rouge, le blé, le riz paddy et le sorgho, afin de mieux exploiter les conditions pluviométriques et le potentiel d'irrigation propres à chaque région. Des services publics décentralisés ont par ailleurs été chargés de développer et mettre en place des services de vulgarisation mieux adaptés.

L'accent est également à nouveau mis sur l'exploitation de cultures utilisées dans des processus industriels, comme l'orge, ou des cultures d'export inhabituelles comme la fibre de coton. Et l'on citera encore parmi les produits qui font l'objet d'investissements publics renforcés : les fruits sauvages locaux, les fleurs indigènes comestibles comme les tubercules d'orchidées appelés ici « chikanda » (Disasatiria) - un produit gélifiant utilisé dans la préparation d'un gâteau salé aux arachides - et un miel organique de grande qualité.

Futur grenier à blé de la région ?

Le pays est affecté par des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes (© Georgina Smith/UNICEF)
Le pays est affecté par des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes
© Georgina Smith/UNICEF

Malgré l'énorme potentiel du secteur agricole zambien, les défis à relever restent nombreux et les promesses de réforme doivent encore être tenues et mises en œuvre concrètement. Avec une demande croissante en combustibles, nourriture et fourrage pour le bétail due à l'augmentation constante de la population, la lutte contre la déforestation sera une des priorités auxquelles le gouvernement devra s'atteler. Les forêts zambiennes sont riches en biodiversité ; la diminution de leur surface - 10 % entre 1992 et 2007 - ainsi que le changement climatique, suscitent de plus en plus d'inquiétude.

Le coût des combustibles et des engrais, qui a triplé passant d'environ 400 US$ la tonne en 2005 à 1.300 US$ la tonne en 2008, a un impact important sur la production des petits exploitants. Toutefois, le renforcement des investissements dans le secteur agricole et la réforme politique en cours autorisent un optimisme prudent quant à une meilleure exploitation du potentiel du pays qui pourrait ainsi devenir le futur grenier à blé de la région.

Statistiques
  • Pays: République de Zambie
  • Capitale: Lusaka
  • Superficie: 752.618 km2
  • Population: 14.309.466 (est. 2012)
  • Croissance démographique: 3 % (est. 2012)
  • Espérance de vie: 53 ans (est. 2012)
  • Groupes ethniques: Africains 99,5 % (notamment Bemba, Tonga, Chewa, Lozi, Nsenga, Tumbuka, Ngoni, Lala, Kaonde, Lunda, et autres groupes africains), autres 0,5 %
  • Langues: bemba (officiel) 30,1 %, nyanja (officiel) 10,7 %, tonga (officiel) 10,6 %, lozi (officiel) 5,7 %, chichewa 4,9 %, nsenga 3,4 %, tumbuka 2,5 %, lunda (officiel) 2,2 %, kaonde (officiel) 2 %, lala 2 %, luvale (officiel) 1,7 %, anglais (officiel) 1,7 %, autres 22,5 %
  • Inflation: 8.4 % (est. 2011)
  • Parité du pouvoir d'achat du PIB: 21,93 milliards US$ (est. 2010)
  • PIB par habitant: 1.600 US$ (est. 2010)
  • Composition du PIB par secteur: agriculture: 21,5 %; industries: 35,2 %; services: 43,4 % (est. 2011)
  • Utilisation des terres: terres arables: 6,99 %; cultures permanentes: 0,04 %; autre: 92,97 % (2005)
  • Industries principales: cuivre (extraction et transformation), construction, denrées alimentaires, boissons, produits chimiques, textiles, engrais, horticulture
  • Produits agricoles: maïs, sorgho, riz, arachides, graines de tournesol, légumes, fleurs, tabac, coton, canne à sucre, manioc, café, bovins, chèvres, cochons, volaille, lait, oeufs, peaux
  • Ressources naturelles: cuivre, cobalt, zinc, plomb, charbon, émeraudes, or, argent, uranium, hydroélectricité
  • Produits d'exportation: cuivre, cobalt, électricité, tabac, fleurs, coton
  • Partenaires à l'export: Suisse 51,3 %, Chine 20,3 %, Afrique du Sud 9,2 %, République Démocratique du Congo 4,6 % (2010)

Date de publication: juin 2012

 

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