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Le 'pouvoir des fleurs' pour les jeunes du Cashemire

La floriculture est une industrie dynamique et rentable au Cashemire (© FAO/Jon Spaull)
La floriculture est une industrie dynamique et rentable au Cashemire
© FAO/Jon Spaull

La population du Cashemire, région sans industries et ravagée par deux décennies de conflits armés, a toujours préféré les emplois gouvernementaux. Cette préférence peut se comprendre dans une zone de conflits où tout investissement comporte des risques, mais cela entraîne un taux très élevé de chômage. Toutefois, les perspectives d'emploi limitées dans le secteur public poussent les jeunes vers le changement. Ils sont de plus en plus nombreux à devenir travailleurs indépendants, comme Abdul Rashid Tantray.

Abdul Rashid Tantray, 30 ans, a d'abord essayé de cultiver des légumes. « Nous avions un peu moins d'un hectare de terres pour cultiver des légumes », dit-il, « le rendement était positif mais pas vraiment satisfaisant. Ensuite, nous avons appris que le gouvernement avait lancé un programme pour aider les jeunes sans emplois à démarrer un projet dans le secteur de la floriculture ». Convaincu que la floriculture est plus rentable, Tantray s'inscrit au programme qui fournit une assistance financière de 26.000 INR (600 US$) et des jeunes plants ainsi que des bulbes, gratuitement. Depuis, affirme Tantray, les conditions de vie se sont améliorées pour lui et sa famille.

Un futur pour les fleurs

Mohammad Shehzad est un autre cultivateur pour qui les fleurs représentent une voie possible d'amélioration des conditions de vie. « Il existe une demande croissante pour les fleurs. Il faut donc travailler dur pour cultiver les fleurs en grande quantité », dit-il. Et Dr. G S Naqash, directeur de la Floriculture du Cashemire, constate « Une pépinière de fleurs peut vous assurer un maximum de bénéfices en un minimum de temps. Si vous semez aujourd'hui, dans quatre mois vous pouvez récolter sous la forme de bulbes, de semences ou de fleurs. Les cultivateurs reçoivent donc de bons dividendes ou l'équivalent d'un revenu supplémentaire d'environ 200 US$ par saison ».

« Nous devons nous réjouir des bonnes conditions climatiques dont nous a gratifié la nature. Grâce à cela, nos fleurs sont bien distancées, ont de belles couleurs et la taille, qui est une des conditions requises pour le commerce de fleurs coupées, est également adéquate », ajoute t-il. Alexander Mudragey de 'Wisdom Flowers Russia', en visite au Cashemire l'an dernier, a estimé le potentiel de la floriculture au Cashemire à 100 millions US$, faisant remarquer que « les fleurs du Cashemire sont de meilleure qualité que celles d'autres pays ».

Esprit d'entreprise

De plus en plus de jeunes souhaitent devenir floriculteurs (© Athar Parvaiz)
De plus en plus de jeunes souhaitent devenir floriculteurs
© Athar Parvaiz

Il n'est donc pas étonnant que de plus en plus de jeunes veulent devenir floriculteurs. Nusrat Jahan, par exemple, issue d'un petit village éloigné du sud Cashemire, est considérée à 34 ans comme la pionnière de l'industrie de la fleur coupée au Cashemire. Cette diplômée en informatique a renoncé à son poste de fonctionnaire parce qu'elle rêvait de devenir femme d'affaires au Cashemire, société essentiellement dominée par les hommes. « Ca n'a jamais été facile pour moi. Je prenais les fleurs à crédit chez les cultivateurs et je les payais plus tard dès que j'étais moi-même payée par mes clients à Delhi. Je me souviens de jours de frustration et de dur labeur », raconte Jahan, qui a démarré son entreprise sans aucune aide du gouvernement.

Actuellement, Jahan est la femme chef d'entreprise la plus respectée de la vallée du Cashemire avec un chiffre d'affaires annuel d'un demi-million de dollars US. Elle possède la franchise d'état de Ferns N Petals (FNP) - la plus grande chaîne de magasins de fleurs coupées en Inde. Jahan a également trois fermes de fleurs qui emploient 20 personnes et elle envisage d'exporter des fleurs vers les marchés internationaux comme celui du Golfe. Elle est naturellement devenue un modèle de réussite pour des centaines de femmes au Cashemire qui souhaitent elles aussi créer leur entreprise.

Un secteur en expansion…

Selon Naqash, la floriculture est devenue « un secteur dynamique pour la création d'emplois directs et indirects ». Et il ajoute: « bien que débutants en floriculture, nous avons déjà participé à l'éducation de plus de 700 jeunes sans emploi, qui sont maintenant des floriculteurs. Ils travaillent dur et font de leur mieux ».

S'inscrire dans le département de Naqash permet aux membres de bénéficier d'initiatives telles 'la politique nationale pour la promotion des agriculteurs' (RKVY) et la 'mission technologique' (TM). « Les cultures de fleurs les plus importantes sont les oeillets, les lys, les glaïeuls, les tagètes et les tulipes, en plein champ ou en serre ». Naqash estime que « le Cashemire gagne environ 6 millions US$ par an avec seulement 250 hectares de production florale ». Et il ajoute: « la production augmente de 20 à 30% chaque année ».

Le Cashemire gagne environ 6 millions US$ par an grâce à la floriculture (© FAO/Jon Spaull)
Le Cashemire gagne environ 6 millions US$ par an grâce à la floriculture
© FAO/Jon Spaull

Un bémol toutefois, les floriculteurs se plaignent du manque de financement pour démarrer leurs projets. Umar Khurshid explique : « un floriculteur, surtout celui qui débute, devrait recevoir une aide financière complète pour l'achat d'infrastructures telles que les serres ». Tantray ajoute: « Un agriculteur a besoin d'une somme équivalente à 50.000 INR (1.200 US$) pour installer une serre et nous ne recevons aucune aide financière pour démarrer, quand nous en avons le plus besoin ». Les floriculteurs sont également contrariés parce que le gouvernement n'intervient pas dans le processus de la vente des fleurs et qu'ils doivent chercher des acheteurs par eux- mêmes.

Mais d'après Shams Imran, chercheur, le Cashemire a un potentiel énorme. « La demande pour les fleurs, qu'elles soient coupées, en vrac, sèches, sous forme de pot pourri, de bulbes, de semences, de bouquets, de plantes ornementales et autres, est croissante partout dans le monde. Les fleurs sont intimement liées à une naissance, un mariage, une rencontre, un décès ou une réception et la jeunesse a un rôle à jouer dans ce secteur en plein essor ».

Ecrit par: Athar Parvaiz

Date de publication: avril 2011

 

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