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Formation pratique pour les entrepreneurs en zones rurales

Tous les cours se déroulent en milieu agricole (© Songhai Centre)
Tous les cours se déroulent en milieu agricole
© Songhai Centre

« Les zones urbaines ne sont pas des paradis », raconte Noureni Yacoubou, 29 ans. Face au chômage omniprésent dans sa région d'origine du nord Bénin, il a décidé d'investir dans une formation en agriculture et de ne pas se tourner vers la ville pour trouver du travail comme nombre de jeunes actuellement. A présent diplômé du centre Songhai de Porto Novo, un centre de formation qui aide les étudiants à établir des micro-entreprises dans les zones rurales, Yacoubou dirige son entreprise d'élevage de bétail qui emploie 50 personnes de sa communauté.

Le centre Songhai a déjà encouragé ses diplômés à établir plus de 1000 entreprises au seul Bénin, passant de l'élevage de lapins à la production de champignons ou de fleurs ornementales, tout en stimulant les faibles niveaux de productivité, d'efficacité et le marché de l'emploi dans les zones rurales. Soutenues par le Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA), l'USAID et l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), les activités du centre Songhai visant à développer le secteur entrepreneurial s'étendent aussi avec succès au Burkina Faso, au Liberia, au Nigeria et en Sierra Leone.

Le modèle Songhai

Fondé en 1985 par le père Godfrey Nzamujo pour encourager le développement rural, le centre Songhai du Bénin accueille de plus en plus d'étudiants. Ils sont plus de 300 par an à suivre les cours de formation en agro-business, qui comprennent aussi des stages pour les étudiants sans aucune expérience en agriculture, des programmes pratiques pour les étudiants qui ont des connaissances essentiellement théoriques et des cours plus brefs pour les employés du secteur public qui souhaitent devenir gestionnaires d'exploitations agricoles.

Père Godfrey Nzamujo, fondateur du centre Songhai qui encourage le développement rural (© Songhai Centre)
Père Godfrey Nzamujo, fondateur du centre Songhai qui encourage le développement rural
© Songhai Centre

L'avantage de ce centre de formation modèle est que tous les cours sont donnés en milieu agricole, dans 250 exploitations servant aussi de lieux de formations pour le seul Bénin. Les cours sont composés de 85 % de travaux pratiques sur le terrain et de 15 % d'exposés théoriques pour consolider les connaissances. Avec l'aide du staff local, les étudiants gèrent des exploitations agricoles ou du bétail, des pêcheries ou des unités de production secondaires telles le traitement de la viande ou la transformation de fruits.

Le réseau Songhai au Bénin est composé de plus de 40 partenaires publics et privés, d'associations, d'universités et de groupes internationaux, qui offrent tous une mine de conseils et d'expériences liés aux techniques agricoles. Pour Camille Tohozin, diplômé de Songhai, dont les économies ont été investies dans la culture d'orangers et de palmiers, l'expertise dans les domaines des techniques agricoles, de la création de valeur ajoutée et de l'identification de nouveaux marchés a été à la base du succès de son entreprise.

« J'ai commencé par des plantations d'orangers et de palmiers pour répondre à la demande de ces produits dans ma région », dit-il, « puis j'ai vendu 50.000 orangers et j'ai réinvesti progressivement dans mon entreprise. J'ai aussi produit du maïs, du manioc, du niébé et de l'huile de palme », ajoute t-il. Avec les bénéfices, Tohozin s'est diversifié et a investi dans la production de poulets et d'œufs, -sa formation à Songhai. Il a aussi l'intention d'acheter du matériel pour la fabrication du jus d'orange.

« Le modèle de renforcement des capacités de Songhai est unique », assure Père Nzamujo. « Ici, on forme des jeunes entrepreneurs dans le secteur de l'agriculture qui, une fois établis, deviennent des exemples de réussite - forçant le respect et attirant d'autres jeunes vers Songhai et ses méthodes innovatrices », affirme t-il.

Elargir le réseau

Sous la supervision du staff local, les étudiants gèrent des exploitations agricoles ou des unités de production telles que le traitement de la viande ou la meunerie (© Songhai Centre)
Sous la supervision du staff local, les étudiants gèrent des exploitations agricoles ou des unités de production telles que le traitement de la viande ou la meunerie
© Songhai Centre

Le programme de développement du projet Songhai, connu sous le nom de Jeunesse rurale et développement des entreprises agricoles en Afrique de l'Ouest et du Centre, a été mis en place par le centre Songhai pour soutenir et copier les entreprises agricoles viables dans toute la région. De plus, la fondation de satellites régionaux à venir entre novembre 2011 et avril 2013 soutiendra l'idée chère au centre d'investir dans les capacités humaines autant que dans les infrastructures et les produits agricoles, à travers un programme plus vaste de formation agricole pour les jeunes.

Toutefois, il est évident que la formation seule n'est pas suffisante pour permettre aux diplômés de démarrer leur entreprise. Un soutien financier, technique et d'appui à la gestion est nécessaire. D'ailleurs, le renforcement d'agro-entreprises dirigées par des jeunes, comme celles de Yacoubou et de Tohozin, fait entièrement partie du programme. Ils recevront de l'aide pour s'inscrire à d'éventuelles opportunités financières et obtenir des informations utiles pour l'agro-industrie telles que les prix du marché, les filières et les prévisions météorologiques.

« Les jeux ne sont pas faits une fois que les étudiants ont démarré leur entreprise », prévient Père Nzamujo. « Des services comme le marketing, l'approvisionnement de matériel, le réseautage, les prêts et les services-conseils sont délivrés pour permettre aux jeunes entrepreneurs de voler de leurs propres ailes », rassure t-il.

Et cette approche semble fonctionner pour les jeunes entrepreneurs. Soixante-dix pourcent des entreprises établies par les diplômés de Songhai sont toujours en place cinq ans plus tard et les retombées en satisfont plus d'un. « Mon entreprise est une source d'emplois dans ma communauté », se réjouit Yacabou. « Les gens ne sont plus inactifs, ils gagnent leur vie et en sont fiers. J'aimerais encourager cette initiative qui nous permet de lutter ensemble contre la crise alimentaire dans nos pays ».

Ecrit par: Georgina Smith

Date de publication: juillet 2011

 

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