Police de caractères: petite normale grande

 

 

Le doux parfum du succès

Le Dr Amin a débuté son affaire en cultivant de la lavande et des roses (© Flagstaffotos/Flickr)
Le Dr Amin a débuté son affaire en cultivant de la lavande et des roses
© Flagstaffotos/Flickr

L'aventure a débuté avec de la lavande et des roses, et en six ans le Dr Gazalla Amin a créé une entreprise d'extraction d'huiles essentielles des plus performantes au Cachemire . Sans aucune expérience en la matière, elle s'est formée sur le tas, apprenant de ses essais et ses erreurs. « Depuis mon enfance, j'ai toujours été attirée par la nature, je voulais juste être en contact avec elle », dit-elle. « Quand je suis devenue docteur en médecine, j'ai cherché comment je pouvais rester proche de la nature dans ma profession ».

Après avoir cultivé avec succès de la lavande sur son terrain d'un demi-hectare, Amin a rapidement étendu cette activité à une surface de neuf hectares; par ailleurs elle s'est lancée dans la culture des roses sur pas moins de six hectares, en association avec un groupe de petits exploitants. Selon Amin, ils se sont montrés très intéressés une fois le succès de leur récolte constaté.

Au début, Amin a autofinancé son entreprise. Par la suite, compte tenu de sa croissance, le Ministère en charge de l'industrie agro-alimentaire et de l'octroi de capital risque - dans le cadre d'un programme gouvernemental d'aide aux entrepreneurs dynamiques - lui a accordé une subvention pour lui permettre d'acheter des machines et de poursuivre son expansion. Grâce à cet apport financier, elle a construit trois usines de distillation d'huile dont chacune emploie entre trois et cinq personnes. Elle a également collaboré avec un laboratoire de recherche régional en vue de fournir une aide technique et une formation aux pratiques agricoles aux groupements d'agriculteurs. Au total, sa société et les coopératives associées emploient directement plus de 150 familles de cultivateurs.

L'Inde, un marché gigantesque

Eau de rose, huiles essentielles de rose, de géranium et bien d'autres encore, mais également fleurs séchées emballées : autant de produits réunis sous la marque 'Pure Aroma' que sa société Fasiam Agro Farms commercialise au Cachemire et ailleurs. « Pour nous, l'Inde est un marché gigantesque, à la base d'une demande en plantes médicinales et aromatiques équivalente à sept milliards de dollars », estime le Dr Amin. Sa société assure également le transport de ses produits dans des fûts en aluminium, plus de 80 pour cent des besoins étant en effet localisés en dehors du Cachemire. En 2011, elle envisage de lancer la marque 'Pure Aroma' à Dubai et de la commercialiser directement dans des points de vente.

Le Dr Amin a créé la première coopérative indienne active dans ce secteur (© Dr Gazalla Amin)
Le Dr Amin a créé la première coopérative indienne active dans ce secteur
© Dr Gazalla Amin

C'est au Dr Amin que l'on doit l'entrée des plantes médicinales et aromatiques sur le marché aux niveaux national et international, et ce grâce aux divers partenariats qu'elle a développés avec des sociétés indiennes et étrangères pour la commercialisation de cette production. Elle a récemment créé la première coopérative indienne active dans ce secteur (Jammu & Kashmir Medicinal and Aromatic Plant Growers' Cooperative) : déjà 300 membres qui vont bénéficier de matériel agricole et de formations dans la culture des plantes aromatiques. Par l'intermédiaire de cette coopérative, les membres pourront également procéder à des ventes groupées, leur permettant ainsi d'obtenir un prix plus élevé pour leurs productions.

« C'est une activité rentable. Si vous expliquez à un agriculteur qu'il peut gagner beaucoup d'argent en cultivant de la lavande ou des roses dans un but commercial, il ne pensera jamais à vendre sa terre pour une bouchée de pain. C'est un grand problème au Cachemire, tous ces agriculteurs qui sont au bout du rouleau et vendent leur terre à des promoteurs immobiliers », fait observer le Dr Amin. « Je suis décidée à motiver les agriculteurs du Cachemire à s'accrocher à leurs terres agricoles et à en tirer le maximum qu'ils peuvent. Je suis fière d'être agricultrice et je souhaite que tous les agriculteurs à travers le Cachemire retirent cette même fierté de leur activité ».

Des pêches et du raisin pour l'avenir

Le Dr Amin a été décorée par le gouvernement du Cachemire pour sa contribution au développement de l'entreprenariat (© Dr Gazalla Amin)
Le Dr Amin a été décorée par le gouvernement du Cachemire pour sa contribution au développement de l'entreprenariat
© Dr Gazalla Amin

Entrepreneuse dynamique, le Dr Amin tient à diversifier ses activités : elle s'est récemment jetée à l'eau en plantant deux hectares et demi de pêchers et de vignes. Si elle exige le recours à la culture organique pour les fleurs aromatiques, les techniques utilisées sont modernes. « Nous n'avons pas recours aux méthodes traditionnelles de plantation, mais bien aux plus modernes que l'on appelle cultures concentrationnaires ou intensives », explique-t-elle. Par exemple, contrairement à la plupart des agriculteurs du Cachemire qui laissent pousser les arbres de manière traditionnelle, c'est-à-dire avec leurs branches, elle a planté des arbres au tronc vertical et dénudé qui produisent des fruits en plus grande quantité et d'une meilleure qualité.

En récompense de ses efforts, le Dr Amin a été décorée en 2011 par le gouvernement du Cachemire d'un prix du mérite national pour sa contribution au développement de l'entreprenariat dans le domaine de l'agriculture. Le Ministre de l'Agriculture du Cachemire a également salué ses efforts pour encourager les agriculteurs à développer des cultures de qualité au lieu de vendre leurs terres ainsi que sa détermination à promouvoir le développement d'entreprises agricoles dans tous les forums où elle est invitée du fait de son succès.

Si l'on demande au Dr Amin les difficultés qu'elle a rencontrées dans le développement de son affaire, elle répond que « l'absence de modèle économique pour ce genre d'entreprise a été un handicap au début, mais j'ai rapidement appris à force d'essais et d'erreurs ». Être une femme ne lui a également pas facilité la tâche dans ce milieu dominé par les hommes et où l'on ne rencontre pratiquement pas de femmes entrepreneuses. « Mais j'ai surmonté ces défis en un rien de temps » conclut-elle, avec une satisfaction bien méritée.

Ecrit par: Athar Parvaiz

Date de publication: juillet 2011

 

The New Agriculturist is a WRENmedia production.

Ce site web utilise des cookies pour améliorer votre navigation. En continuant de le parcourir, vous marquez votre accord sur le fait que nous ayons recours aux cookies.
J'accepte
Pour en savoir plus