Police de caractères: petite normale grande

 

 

Des écosystèmes côtiers durables au Sri Lanka

Le tsunami de 2004 a fortement endommagé la végétation côtière au Sri Lanka (© MFF)
Le tsunami de 2004 a fortement endommagé la végétation côtière au Sri Lanka
© MFF

Le tsunami qui a frappé l'est du Sri Lanka en 2004 a fortement endommagé la végétation côtière qui formait autrefois une barrière naturelle contre l'érosion et les inondations. La surface des mangroves côtières s'est également réduite, entraînant une diminution des réserves de poissons et l'exposition des grandes cultures à un risque plus important d'inondation. Dans cette région du sud de l'Asie, pratiquement les trois quarts de la population vit le long des côtes. La pauvreté et les catastrophes naturelles ne sont que deux des nombreux facteurs qui mettent sous pression les ressources tant côtières que marines, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les économies et les écosystèmes. En réponse à ces deux problématiques, le projet Mangroves pour le Futur (MFF) s'attache à établir des liens entre une meilleure qualité de vie et une bonne gestion du littoral.

Dans le village de Kumana Sud, au sud-est du Sri Lanka - l'une des huit régions où le projet est implanté - la communauté locale a décidé que la réhabilitation de la « ceinture verte » endommagée était une priorité. Douze femmes du village on été formées à des techniques d'ensemencement et de gestion de pépinières. Elles se sont également vues confier la responsabilité de la pépinière communautaire pour la mangrove : elles élèvent 3000 plants sur une surface protégée par une haie vive faite de feuilles de cocotiers et de palmiers, et irriguée par un puits creusé spécialement pour la pépinière.

Courant le long du littoral sur une surface de 1200 m2, la nouvelle ceinture verte devrait apporter une protection indispensable contre les tempêtes et les marées hautes. Les femmes ont également créé une association pour la conservation du littoral, dénommée Dilena Tharua (Etoiles brillantes), dont l'objet est de poursuivre la préservation de la ceinture verte. Un autre aspect du projet portait sur la formation à la création d'entreprise. Il a permis à deux femmes de monter une affaire de pêche de homards. Cinq autres femmes ont commencé à faire pousser dans leurs jardins des légumes, des légumineuses, des piments et des arachides, approvisionnant ainsi leurs familles en légumes frais et leur apportant un revenu complémentaire.

Protéger la biodiversité

Dans le lagon de Puttalam, une zone célèbre pour sa biodiversité, les coupes de bois de chauffage ont endommagé les écosystèmes de mangroves et ont entraîné une diminution de la quantité de poissons capturés. Une association locale de pêche (Semuthu Fisheries Cooperative Society) a obtenu une subvention de MFF pour restaurer les mangroves et instruire la communauté quant à leur importance pour l'écosystème local et les moyens de subsistance. En 2009, les membres d'une coopérative locale de pêcheries ont été formés à la gestion de pépinières. Sept pépinières ont ainsi vu le jour ; elles ont élevés plus de la moitié des 24.000 plants qui ont été plantés ensuite par la communauté pour remplacer les arbres perdus.

Sept pépinières pour mangroves ont été créées en 2009 (© Satish Trivedi/TCSR)
Sept pépinières pour mangroves ont été créées en 2009
© Satish Trivedi/TCSR

Des poêles éco énergétiques ont également été distribués à trente membres de la communauté ce qui a entraîné une réduction de leur usage des mangroves de 50 pour cent. Et l'on notera encore que 400 écoliers et 65 membres de la coopérative ont participé à des activités de sensibilisation mettant en évidence l'importance de protéger les mangroves. Grâce à ces initiatives, la couverture du littoral en mangroves a augmenté de manière significative, permettant ainsi de restaurer la biodiversité du lagon et d'offrir un meilleur habitat pour le poisson.

Dans la communauté de Rekawa, le Consortium pour le Développement Ruhunu s'est attaqué à l'exploitation des mangroves en bois de chauffage en introduisant le bambou, une plante qui par ailleurs stabilise le sol et prévient l'érosion. Trois pépinières communautaires ont été créées après que les membres de la communauté aient été formés à l'élevage de plants végétaux. Pendant la durée du projet, les 4.500 plantules de bambou qui ont été propagées ont ensuite été utilisées pour planter 15 hectares de berges et des jardins pour les particuliers, les écoles et les temples. La demande en bambou a considérablement augmenté et les trois pépinières continuent de produire des plantules pour répondre à cette demande.

Renforcer la durabilité

Pour réduire encore plus la pression sur la pêche des poissons et crustacés dans le lagon de Puttalam, la Fondation pour la protection des ressources marines et côtières* a formé 15 femmes à la culture de l'Aloe vera. MCRCF a également signé un contrat avec une importante société de cosmétique au Sri Lanka. Grâce à ce marché assuré, la culture s'est élargie, le revenu mensuel des familles impliquées s'est accru de 26 pour cent et la pêche a diminué de 5 pour cent, réduisant ainsi la pression sur les ressources halieutiques. Aujourd'hui, 44 familles cultivent l'Aloe vera, et assurent un approvisionnement constant à la société de cosmétique, ce qui a permis à cette dernière de ne plus procéder à la récolte d'Aloe vera sauvage contribuant ainsi à la préservation de la biodiversité. Selon le Dr Janaka De Silva, responsable de projet chez MFF, « bien qu'il soit trop tôt pour constater les effets à long terme, il apparaît clairement que le principe de promouvoir des moyens de subsistance alternatifs permet d'augmenter les revenus et de réduire la surexploitation des ressources naturelles ».

La plantation de mangroves permet de restaurer la biodiversité et d'offrir un meilleur habitat aux poissons (© MFF)
La plantation de mangroves permet de restaurer la biodiversité et d'offrir un meilleur habitat aux poissons
© MFF

En vue d'étendre les projets et de partager leur expérience avec d'autres agences et les décideurs politiques, MFF travaille à mettre en contact les communautés et les organismes gouvernementaux. Par exemple, après que les communautés aient pu démontrer la faisabilité de la culture en cage dans le cadre d'un petit projet à Madu Gangain au Sri Lanka, le gouvernement a fourni aux pêcheries des cages supplémentaires pour favoriser l'expansion de ce type de production. « La structure de MFF permet de transposer les expériences et les points forts du projet du niveau communautaire au niveau national ou régional, et de promouvoir des écosystèmes durables et sains », ajoute le Dr de Silva. « L'apprentissage entre pairs s'est également avéré être un instrument précieux pour le partage des connaissances entre les communautés ».

Dans l'avenir, MFF entend poursuivre son travail avec les communautés côtières et mettre en place des projets de gestion durable du littoral qui puissent être étendus à d'autres zones et permettent d'influer sur la politique. Et le Dr Ranjith Mahindapala, responsable de projet chez MFF, de conclure : « on espère que ces expériences permettront de gérer durablement les ressources côtières, et en même temps d'accroître les revenus des communautés locales pour qu'ils n'aient plus recours à des pratiques non durables ».

* Marine and Coastal Resources Conservation Foundation - MCRCF

Avec la collaboration de: Dr Janaka De Silva, responsable de projet chez Mangroves pour le Futur (MFF)

Date de publication: octobre 2011

 

The New Agriculturist is a WRENmedia production.

Ce site web utilise des cookies pour améliorer votre navigation. En continuant de le parcourir, vous marquez votre accord sur le fait que nous ayons recours aux cookies.
J'accepte
Pour en savoir plus