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Sous 'l'arbre de vie', l'avenir

La culture de la noix de coco occupe plus de terres que toute autre culture dans la région du Pacifique (© Richard Markham)
La culture de la noix de coco occupe plus de terres que toute autre culture dans la région du Pacifique
© Richard Markham

Le cocotier, planté sur de larges étendues dans de nombreuses îles du Pacifique, est appelé dans la région ' l'arbre de vie ' en raison de ses nombreuses utilisations et de son importance traditionnelle dans la vie des gens. Mais au cours des dernières décennies, alors que d'autres pays ailleurs dans le monde ont développé de nouvelles industries florissantes basées sur la noix de coco, les cultivateurs des îles du Pacifique continuent de produire du coprah et de l'huile de basse qualité, dont la valeur sur les marchés mondiaux est très faible. La conséquence en est un vieillissement des arbres de vie dans la région : à défaut d'incitants pour prendre soin des arbres et en replanter, le paysage se compose principalement de cocotiers de plus en plus vieux dont la productivité diminue. On assiste cependant actuellement à un nouvel élan pour revitaliser la culture de la noix de coco sur base d'une approche dite du ' traitement de la noix de A à Z '. Menée efficacement, cette approche pourrait à la fois répondre à la pauvreté rurale et stimuler la croissance économique dans la région.

Une nouvelle approche

L'idée du ' traitement de la noix de A à Z ' est de développer divers produits à haute valeur ajoutée en utilisant les différentes parties de la noix de coco. Jusqu'à présent, la production étant focalisée sur le coprah et l'huile, seule la chair est utilisée, et les autres composantes de la noix - l'eau, la cosse et la coque - sont jetées. Or tous ces éléments peuvent être transformés en produits à haute valeur ajoutée. Il existe en outre des utilisations alternatives de la chair plus rentables que la production de coprah et d'huile de faible qualité.

« Nous avons vu comment cela fonctionne dans d'autres parties du monde, principalement en Asie », explique Tevita Kete, expert ' noix de coco ' pour le Secrétariat de la Communauté du Pacifique (SPC). « L'Inde et le Sri Lanka ont développé d'importantes industries de transformation des cosses, et les Philippines sont en train de conquérir le marché de la transformation, de l'emballage et de l'export de l'eau de coco en tant que boisson naturelle saine et énergisante. Nous sommes prêts à développer certaines de ces industries ici dans les îles du Pacifique ».

L'utilisation de la noix dans son entièreté pourrait répondre à la pauvreté rurale et stimuler la croissance économique (© Anne Moorhead)
L'utilisation de la noix dans son entièreté pourrait répondre à la pauvreté rurale et stimuler la croissance économique
© Anne Moorhead

Des industries naissantes

Il existe déjà quelques industries naissantes à développer. L'huile de coco vierge (VCO) est un produit à haute valeur ajoutée réalisé à partir de chair de la noix de coco ; elle est ensuite transformée en savons et produits cosmétiques de luxe ou utilisée comme spécialité culinaire. Plusieurs pays insulaires du Pacifique commencent à produire du VCO, principalement dans des petits moulins communautaires. Dans le village de Vuna sur l'île de Taveuni aux Fidji, le moulin à VCO emploie huit femmes et deux hommes, et se fournit en noix de coco auprès des producteurs locaux. Transformer l'huile à Taveuni permet de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée au sein de la communauté : chaque noix de coco rapporte maintenant environ 45 cents à la communauté, alors qu'elle n'en rapporte que 8 cents lorsqu'elle est vendue pour la production de coprah.

La transformation sur place dans les villages est un moyen de répondre à la pauvreté rurale et le moulin à VCO de Vuna montre que cela peut fonctionner. Mais pour l'instant, les autres composantes de la noix de coco sont jetées. L'objectif est de développer des centres de transformation au niveau des villages qui utiliseront également l'eau, les coques et les cosses. « La clé est la transformation multi-usage », rapporte Kete. « Il est peu probable qu'un produit unique soit rentable, par contre plusieurs produits multiplieront les bénéfices ».

Au nombre des autres produits qui pourraient être fabriqués dans les villages, on peut citer : du charbon au départ des coques, des boutons et des produits d'artisanat en utilisant également les coques, du vinaigre d'eau de coco, et des savons pour le bain et la lessive à base d'huile de moindre qualité. « Tous ces produits ne nécessitent que relativement peu d'équipement et de formation, et seraient ainsi parfaitement adaptés », explique Kete. Une étude de faisabilité sur l'implantation de centres de transformation multi-usage a été menée il y a peu aux Fidji, et la prochaine étape consiste à monter des centres pilotes dans plusieurs pays afin de démontrer la viabilité technique et commerciale de ce projet.

Bois de coco

Le VCO est transformé en savons et produits cosmétiques de luxe (© Anne Moorhead)
Le VCO est transformé en savons et produits cosmétiques de luxe
© Anne Moorhead

Un autre aspect du plan de revitalisation est de développer des utilisations pour les vieux cocotiers et de promouvoir ainsi leur suppression et leur remplacement par de jeunes palmiers. Le bois de coco a un joli veinage et une belle couleur, mais n'est pas le bois le plus facile à travailler. Avec les bonnes techniques, il peut toutefois être transformé en du mobilier et du plancher de qualité, utilisé pour des travaux de construction légère, ou encore être sculpté pour créer des objets d'artisanat. Une société aux Fidji, Pacific Green, ouvre la voie : elle a développé des techniques pour travailler ce bois particulier et elle exporte ses réalisations uniques dans le monde entier. La société achète son bois directement aux communautés locales et leur procure ainsi un revenu tout en libérant des terres en vue d'une replantation.

« La culture de la noix de coco occupe plus de terres que n'importe quelle autre culture dans la région du Pacifique », conclut Kete. « C'est notre principal atout durable. Nous devons maintenant l'exploiter à nouveau, dans l'intérêt des populations des îles du Pacifique ».

Ecrit par: Anne Moorhead

Date de publication: décembre 2011

 

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