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Le patayourt : innovation à partir de racines et tubercules au Ghana

 En renforçant les capacités des femmes, nous tâchons de leur donner confiance afin qu'elles s'approprient le projet , explique Veronica Ivy Dzreke (© IFAD/Fabiana Formica)
En renforçant les capacités des femmes, nous tâchons de leur donner confiance afin qu'elles s'approprient le projet , explique Veronica Ivy Dzreke
© IFAD/Fabiana Formica

Fabriqué à partir d'un mélange de patate douce et de lait, pasteurisé puis transformé en yaourt nutritif, le patayourt est un nouveau produit qui crée des opportunités d'emploi pour des groupes de femmes au Ghana. « Certaines d'entre nous étaient assises à ne rien faire », dit Madame Doris, membre d'un groupe de la région du nord-est du Ghana. « En fait, nous ignorions tout ce que les patates douces pouvaient nous apporter. Mais elles nous ont aidé à acquérir un métier et à améliorer nos revenus ».

Finançant cette innovation dans le cadre du Programme d'amélioration et de commercialisation des racines et tubercules (RTIMP) axé particulièrement sur les femmes, le FIDA* s'emploie avec ce produit à améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des ménages ruraux pauvres au Ghana tout en renforçant la production de racines et de tubercules qui sont d'importantes cultures de base. Grâce à des technologies améliorées, au développement des compétences dans le traitement et la commercialisation et facilitant l'accès des agriculteurs aux marchés, RTIMP aide les agriculteurs à commercialiser leurs récoltes en vue d'augmenter la production et les revenus.

Renforcement des capacités

RTIMP a développé des équipements spécialement conçus pour la transformation de produits issus de racines et tubercules (© IFAD/Nana Kofi Acquah)
RTIMP a développé des équipements spécialement conçus pour la transformation de produits issus de racines et tubercules
© IFAD/Nana Kofi Acquah

« Nous avons des programmes de formation en gestion de la qualité et en systèmes de traitement », explique Veronica Ivy Dzreke, un agent de renforcement des capacités et des liens avec RTIMP. « En renforçant leurs capacités, nous tâchons de donner confiance aux femmes afin qu'elles s'approprient leur projet ». Et pour encourager le développement des compétences entrepreneuriales des femmes rurales, 2.400 d'entre elles ont reçu une formation en gestion des affaires, études de marché de base, des compétences en marketing et des conseils sur la façon de monter un dossier financier afin de mieux évaluer la rentabilité des projets et attirer des financements.

Grâce à un fonds consacré au développement de micro-entreprises - qui comprend une contribution de 10 % des clients, 40 % du FIDA et de 50 % de la Banque rurale Naara - 48 entreprises ont reçu des subventions et des prêts sous la forme d'équipements pour mettre en place des entreprises de transformation. Les femmes impliquées dans la production du patayourt, par exemple, ont reçu des réfrigérateurs et des congélateurs. Les subventions vont de 400 US$ pour les individus à 12.000 US$ pour les groupes ayant des projets solides et selon Kambilige Stanley, agent de la banque rurale Naara, près de 100 % des groupes ont remboursé les prêts. « Les remboursements sont effectués à temps et les montants sont à jour », commente-t-il.

En outre, en favorisant un nouveau marché pour la patate douce, cette initiative promeut également la culture de ce tubercule au Ghana. « Si les agriculteurs savent qu'il existe un marché pour ce produit, ils se dirigeront vers la production de la patate douce », ajoute Dzreke. « Donc, si la demande de patayourt augmente, il y aura un marché pour la matière première, puis les agriculteurs passeront à la production ».

Valeur ajoutée

Les femmes ont accès à des variétés améliorées de manioc, patate douce et igname (© IFAD/Nana Kofi Acquah)
Les femmes ont accès à des variétés améliorées de manioc, patate douce et igname
© IFAD/Nana Kofi Acquah

Entièrement financés par le FIDA, des centres de démonstration et d'apprentissage appelés 'Centres de bonnes pratiques' ont également été établis dans les communautés locales pour leur permettre d'acquérir une formation pratique sur l'installation et l'utilisation du nouveau matériel de transformation. Entre 30 et 60 transformatrices par centre utilisent les ressources mises à leur disposition. Elles reçoivent également une formation supplémentaire de spécialistes en manipulation, hygiène et emballage des produits.

« Avant l'intervention du programme RTIMP, la plupart des femmes transformatrices utilisaient un matériel rudimentaire qui n'était pas efficace », explique David Yankey, spécialiste de la production au sein du programme RTIMP. Suite à cela, RTIMP a développé des équipements spécialement conçus pour la transformation de produits issus de racines et tubercules, tels des râpeuses en acier inoxydable, des baies de fermentation, des systèmes de gestion des effluents, des rôtissoires et fours sans fumée de torréfaction.

Avant que son unité de traitement ne devienne un Centre de bonnes pratiques, Kesse Janet Gyima, de la région Ashanti, produisait trois sacs de 80 kg de manioc transformé par semaine. Aujourd'hui, elle produit 35 sacs par semaine. « Les femmes enregistrent des revenus plus élevés parce que leurs volumes d'échanges ont monté en flèche », explique Yankey. « Les gens du Mali, du Bénin et du Burkina Faso viennent maintenant acheter leurs produits. Cela a conduit à une augmentation de revenus plus réguliers qui ont permis d'améliorer sensiblement le quotidien des femmes ».

Amélioration de la production

Kesse Janet Gyima produit aujourd'hui 35 sacs de 80 kg de manioc transformé par semaine (© IFAD/Nana Kofi Acquah)
Kesse Janet Gyima produit aujourd'hui 35 sacs de 80 kg de manioc transformé par semaine
© IFAD/Nana Kofi Acquah

Le programme RTIMP travaille également pour améliorer la production des racines et tubercules en améliorant l'accès des femmes à des variétés améliorées de manioc, patate douce et igname. « Les semences d'igname sont très chères, donc nous avons formé les agricultrices aux techniques de multiplication afin qu'elles produisent leurs propres semences », explique Angela Osei-Sarfoh, spécialiste de la production au sein du programme RTIMP. « Les agriculteurs sont passés d'une à deux récoltes grâce aux techniques de multiplication rapide. Avec cette technique on obtient également plus de semences dont les agriculteurs peuvent vendre une partie pour augmenter leurs revenus et soutenir leur famille ».

Afia Achiaa cultive l'igname depuis huit ans. Selon elle, les agriculteurs ont d'abord été sceptiques quant à la nouvelle technologie de multiplication (technique minisett), jusqu'à ce qu'ils participent aux Farmer Field Fora (FFF ou forum de champs-écoles), où les agents de vulgarisation, les chercheurs et les agriculteurs se réunissent pour partager leurs connaissances et expériences. Il y a deux ans, Achiaa ne gagnait que 470 US$, mais après avoir utilisé la technique minisett, elle a vu son revenu passer à 3.500 US$. Avec les bénéfices, Achiaa a réussi à envoyer deux de ses enfants à l'école secondaire et a commencé à construire une maison. Les agricultrices de plus de 28 districts sont désormais engagées dans la multiplication et la distribution de semences d'igname.

* Fonds International de développement agricole

Ecrit par: Kofi Adu Domfeh

Date de publication: mars 2012

 

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