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Trop chaud pour le cacao en Afrique de l'Ouest?

Les cacaoyers souffriront du manque d'eau si les températures venaient à augmenter (© Neil Palmer (CIAT))
Les cacaoyers souffriront du manque d'eau si les températures venaient à augmenter
© Neil Palmer (CIAT)

Si en 2050, comme le prévoient les climatologues, les températures devaient grimper de deux degrés Celsius, il ferait trop chaud en Afrique de l'Ouest pour cultiver le cacao, révèle une étude* du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT). Le cacao est une source de revenus importante pour des centaines de milliers de petits producteurs au Ghana et en Côte d'Ivoire d'où provient plus de la moitié de la production de chocolat mondiale.

« Nous constatons déjà les effets de l'augmentation des températures sur les cultures de cacao produites dans les zones marginalisées » affirme Peter Laderach, chercheur au CIAT et auteur principal de l'étude, « or celles-ci s'étendront certainement davantage sous l'action du changement climatique ».

« La demande globale pour le chocolat est en augmentation constante, particulièrement en Chine, et l'on constate déjà des pressions à la hausse sur les prix. Il n'est pas inconcevable que cette demande, associée à l'impact du changement climatique, entraîne une augmentation considérable des prix » ajoute-t-il.

Si les températures grimpent, les zones adaptées à la culture du cacao seront progressivement déplacées vers des altitudes plus élevées. « Toutefois, l'Afrique de l'Ouest est relativement 'plate', sans pentes très prononcées. La région pourrait dès lors ne plus être adaptée à la culture du cacao » continue Laderach. « Et en déplaçant leur production vers des zones plus fraîches, les agriculteurs pourraient participer à la déforestation de façon importante. Pour toutes ces raisons, il est essentiel que nos actions portent sur la capacité de résistance des systèmes de production existants ».

L'étude recommande de profiter de l'ombre des arbres, ce que beaucoup d'agriculteurs mettent déjà en place, mais aussi de cultiver alternativement des cultures de rente et des cultures vivrières afin de diversifier dans le cas d'une mauvaise récolte. L'étude suggère également le développement de nouvelles variétés de cacao tolérantes aux températures élevées, de nouvelles recherches sur des systèmes d'irrigation adaptés et l'élaboration de politiques nationales afin de soutenir les agriculteurs. « Cette étude quantifie les risques et identifie les zones les plus vulnérables afin que des initiatives efficaces soient mises en places », conclut Laderach. « Les producteurs des zones affectées seront protégés s'ils se préparent au changement et s'ils reçoivent les connaissances, les outils et le soutien institutionnel pour les aider à s'adapter ».

* La recherche a été commanditée par la Fondation Bill & Melinda Gates

Date de publication: septembre 2011

 

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