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Savoirs locaux et science moderne font un beau mariage

Divers indicateurs naturels permettent à l'observateur attentif de prédire le temps (© Neil Palmer (CIAT))
Divers indicateurs naturels permettent à l'observateur attentif de prédire le temps
© Neil Palmer (CIAT)

Partout dans le monde, le comportement de certains animaux et divers indicateurs naturels permettent à l'observateur attentif de prédire le temps qu'il va faire dans les prochains jours et semaines. Au Kenya, depuis peu, le Service météorologique national s'appuie sur une étude réalisée en 2010 pour mettre à profit cette faculté particulièrement développée dans certaines communautés rurales pour aider les agriculteurs à s'adapter au changement climatique. Les météorologues du Service combinent les données météorologiques obtenues par satellites et autres technologies avec les prédictions des prévisionnistes météo traditionnels, notamment ceux de la communauté Nyangi, dans le district d'Emuhaya à l'ouest du Kenya. Dans la région, les Nyangi sont en effet renommés pour la fiabilité de leurs prévisions météorologiques. Cette communauté détient des sanctuaires boisés, constitués d'énormes arbres indigènes rares, et abritant une faune diversifiée dont les comportements permettent de faire des pronostics météorologiques précis. La chute des feuilles d'un arbre bien particulier, par exemple, permet de prévoir à quel moment les pluies vont arriver.

« Nous avons étudié ces bosquets et pouvons affirmer qu'ils fournissent des informations réalistes permettant de mieux prévoir les conditions météorologiques à l'échelle locale » explique Gilbert Ouma, qui dirige le projet d'intégration des savoirs locaux aux prévisions scientifiques. Parmi les indicateurs signalant un changement de la pression atmosphérique, les chercheurs ont notamment relevé les sons inhabituels de la tourterelle maillée, l'activité des fourmis sur de la matière en putréfaction et la migration des abeilles.

Les données provenant de chacune des deux sources sont analysées et synthétisées pour ensuite être traduites en langue vernaculaire et diffusées via une radio locale et divers canaux de communication propres à la communauté locale. L'information est ainsi relayée sans utilisation de termes météorologiques techniques peu accessibles aux paysans, ce qui facilite une plus grande dissémination de l'information.

Aujourd'hui, le changement climatique embrouille le calendrier cultural des paysans. Ceux-ci n'ont pas le temps de s'adapter et ne savent plus toujours à quel moment travailler la terre, quand semer ou quelle variété utiliser. Ils confirment qu'avec les prévisions combinées venant s'ajouter à leurs propres observations, ils se sentent plus assurés quant à ce qu'ils doivent faire face aux changements des conditions climatiques.

Ecrit par: Camille De Stoop

Date de publication: avril 2012

 

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