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Moitié moins de semences de maïs au Cameroun en 2012

Cette année, les petits producteurs devront débourser en moyenne 800 Fcfa au lieu de 400 Fcfa  pour acquérir des semences de maïs pas toujours de bonne qualité (© Eloise Phipps/CIMMYT)
Cette année, les petits producteurs devront débourser en moyenne 800 Fcfa au lieu de 400 Fcfa pour acquérir des semences de maïs pas toujours de bonne qualité
© Eloise Phipps/CIMMYT

« Au Cameroun, les semences améliorées de maïs sont rares depuis le début de la campagne agricole 2012 », rapporte l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), une organisation paysanne. Cette année, l'Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) du Cameroun n'a produit que 90 tonnes de semences de base, contre près de 200 tonnes en 2011. Pour sa part, le Ministère de l'Agriculture et du Développement rural (Minader), n'a pas pu approvisionner le marché local. « L'Irad ne nous a pas fourni les graines de base à multiplier pour produire les semences certifiées que nous distribuons aux agriculteurs », assure-t-on au Minader.

Conséquence de cette pénurie, les prix sont excessivement élevés pour les petits producteurs, qui doivent débourser en moyenne 800 Fcfa, au lieu de 400 Fcfa (prix des semences subventionnées par l'Etat) pour acquérir des semences de maïs qui ne sont pas toujours de bonne qualité. « Des aventuriers font teindre en rouge des graines de maïs pour les faire passer pour des semences traitées comme le fait l'Irad », affirme Martin Nzegang, un responsable de l'Acdic. La circulation des fausses semences pourrait causer un manque à gagner. « La graine ne produira pas comme s'y attendait le producteur pour réaliser des bénéfices », poursuit-il.

Faute de mieux, certains exploitants agricoles se sont rabattus sur des semences importées d'Afrique du Sud (semences Panar), vendues jusqu'à 1.800 Fcfa, alors qu'elles ne sont pas toujours adaptés aux terres camerounaises. Selon l'Acdic, les conséquences les plus spectaculaires sont à venir avec la hausse des prix des denrées alimentaires. « Il faut s'attendre à ce que le pic du kilo de maïs passe de 250 Fcfa pour atteindre les 300, voire 350 Fcfa », prédit-on à l'Acdic. Par contagion, les prix des produits avicoles et porcins seront également élevés. « S'ils payent cher le maïs qui est l'alimentation de base de leurs animaux, aviculteurs et éleveurs de porcs devront également augmenter les prix de vente de leurs productions », explique-t-on à l'association.

Ecrit par: Anne Matho

Date de publication: mai 2012

 

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