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Le secret d'une bonne tolérance à la sécheresse

Comment identifier les espèces végétales qu'il faudrait promouvoir auprès des agriculteurs ? (© Peter Casier (CGIAR))
Comment identifier les espèces végétales qu'il faudrait promouvoir auprès des agriculteurs ?
© Peter Casier (CGIAR)

Réchauffement de la température, déficit hydrique, perte de la biodiversité… Autant de menaces qui pèsent sur l'Afrique en raison du changement climatique. Comment identifier dans ce contexte les espèces végétales qui résisteront le mieux aux sécheresses et qu'il faudrait promouvoir auprès des agriculteurs?

Les plantes mettent en jeu différents mécanismes adaptatifs pour résister à la sécheresse : réduction de la surface foliaire, fermeture rapide des pores de la feuille, meilleure efficacité d'utilisation de l'eau, modification de leur cycle de développement, maintien d'un potentiel de turgescence élevé, ... Ces mécanismes ne sont pas exclusifs les uns des autres et peuvent même être complémentaires

Des chercheurs de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) viennent de montrer que parmi ces mécanismes, c'est le « point de perte de turgescence » qui est le plus important. La turgescence, c'est la pression qu'exerce l'eau à l'intérieur des cellules végétales. Elle permet à la plante de maintenir un port érigé. Lorsqu'en raison d'une sécheresse la cellule perd de son eau, la turgescence s'annule et la plante flétrit. Aussi la turgescence est-elle un indicateur classique du stress hydrique d'un végétal. « Plus le point de perte de turgescence d'une plante est faible, mieux cette plante est capable de maintenir sa turgescence et donc de tolérer la sécheresse » expliquent les chercheurs de l'UCLA. L'originalité de leur travail, c'est d'avoir comparé cet indicateur aux autres indicateurs de tolérance et d'en avoir démontré sa supériorité au travers de toutes les écozones-supériorité se retrouvant par ailleurs pour l'ensemble des plantes au sein d'une même espèce. Il permet donc de chiffrer la tolérance à la sécheresse et de prévoir quelle sera la réponse des espèces au réchauffement climatique et à la moindre disponibilité en eau.

Les mêmes chercheurs ont également mis en évidence le rôle important du degré de salinité de la sève dans le maintien de la turgescence par rapport à l'élasticité des parois, mettant ainsi fin à de nombreuses controverses sur le sujet et « permettant de prédire quelles espèces sont susceptibles d'échapper à l'extinction due au changement climatique », souligne Lawren Sack, le chercheur principal.

Ecrit par: Camille De Stoop

Date de publication: mai 2012

 

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