Police de caractères: petite normale grande

 

 

Renforcer l'impact de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

L'Afrique peut-elle résoudre ses problèmes alimentaires avec ses seules ressources ? (© FAO/Paballo Thekiso)
L'Afrique peut-elle résoudre ses problèmes alimentaires avec ses seules ressources ?
© FAO/Paballo Thekiso

L' « Africa College » est un partenariat international de recherche qui au travers de collaborations dans la recherche, le développement des compétences et le partage des connaissances, s'est donné pour mission d'améliorer la vie de millions de gens en Afrique sub-saharienne par le renforcement durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

En juin 2011, l'Africa College a organisé sa première conférence internationale à l'Université de Leeds en Grande Bretagne. Celle-ci a été l'occasion de mettre en commun les leçons tirées des différentes entreprises de mise en oeuvre concrète des résultats de recherches en matière de sécurité alimentaire et de santé.

Les participants se sont également penchés sur la manière dont la collaboration entre instituts de recherche et organisations de développement pouvait déboucher sur des innovations et des changements.

Ce Point de vue rassemble les avis des participants et leurs suggestions pour des approches plus efficientes visant un réel impact de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Agenda politique

Les petits agriculteurs ont besoin d'avoir accès à des semences de qualité supérieure (© FAO/Giuseppe Bizzarri)
Les petits agriculteurs ont besoin d'avoir accès à des semences de qualité supérieure
© FAO/Giuseppe Bizzarri

Ce qui nous limite le plus actuellement est l'absence de politiques permettant de faire passer la plupart des interventions à un niveau supérieur. Nous avons également besoin de politiques qui garantissent l'accès des agriculteurs au financement. Moins de 1 % de l'ensemble du capital privé de notre industrie bancaire est investi dans l'agriculture. L'agriculture est un business et pas un problème de développement, et elle devrait être financée et faire l'objet d'investissements en s'appuyant sur son succès potentiel.
Akin Adesina, Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)

Personne ne paie le prix réel de la nourriture. Nous ne payons pas le coût des changements climatiques et nous ne rémunérons pas non plus les agriculteurs pour des services écosystémiques tels que la protection de la biodiversité. L'avenir s'annonce complexe et nos régimes alimentaires doivent tenir compte de la santé et des ressources de la planète. Nous avons besoin d'un système de santé publique écologique et pas seulement d'une augmentation de la production alimentaire.
Tim Lang, City University, Londres

Nous devons permettre aux petits agriculteurs d'avoir accès aux meilleures semences, aux meilleurs intrants ainsi qu'à plus de connaissances : agro-écologie, finances, routes, éducation. Nous devons donner plus de pouvoir aux femmes, et nous devons fondamentalement changer le système du commerce international et diminuer les subsides à la production de grande échelle dans les pays en développement.
Bob Watson, Ministère de l'Environnement et des Affaires rurales (DEFRA), GB

Si nous voulons vraiment voir se réaliser des améliorations importantes dans un certain nombre de pays, il est indispensable d'élaborer des politiques plus efficaces et surtout qu'elles soient mises en œuvre au niveau des gouvernements.
Laurence Cockcroft, Fondation Gatsby

Placer les agriculteurs au centre de la recherche

La sécurité alimentaire et nutritionnelle des femmes et des enfants doit être une priorité (© FAO/Giulio Napolitano)
La sécurité alimentaire et nutritionnelle des femmes et des enfants doit être une priorité
© FAO/Giulio Napolitano

Nous avons parfois mené des recherches dans le seul but d'une publication. Mais nous constaterons un véritable impact sur la recherche si nous pouvons développer les compétences des gens afin qu'ils puissent identifier leurs problèmes, chercher des solutions et mettre en œuvre ces solutions. La recherche pour les gens, par les gens.
Joyce Kinabo, Université agronomique de Sokoine, Tanzanie

Quelle que soit la recherche que nous avons menée, elle doit toucher les utilisateurs. Ainsi, quelle que soit la variété de semence que nous avons développée, elle doit se retrouver dans les mains des agriculteurs. Ensuite, toute technologie développée doit être reproductible, et de plus en plus de gens doivent pouvoir l'utiliser pour produire des variétés rapidement et avec précision.
Rattan Yadav, Institut des Sciences biologiques, environnementales et rurales, Université d'Aberystwyth

L'Afrique peut, et devrait, répondre à ses problèmes alimentaires en ayant recours à ses seules ressources. Je suis persuadé que nous pouvons rassembler la technologie, les financements, la volonté politique et les chaines de valeurs qui sont nécessaires pour faire en sorte que les techniques adéquates se retrouvent entre les mains de millions de nos agriculteurs.
Akin Adesina, AGRA

Il faut s'occuper de la situation des femmes en Afrique pour améliorer leur niveau de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Des repas réguliers constituent un investissement dans la santé des femmes. Il faut ainsi leur apprendre, leur expliquer comment bien se nourrir et préparer des repas sains tout au long de leur existence. Notre priorité doit être la sécurité alimentaire et nutritionnelle des femmes envers leurs enfants, qui en Afrique sont toujours exposés et vulnérables à la malnutrition.
Olapeju Onadipe, Institut international d'agriculture tropicale (IITA)

La communication comme instrument de changement

Il doit y avoir un échange constant d'idées entre les chercheurs, les producteurs, les consommateurs et les marchés. Il faut créer la confiance, établir des systèmes de communication et des rôles dirigeants non équivoques pour les acteurs, ainsi que développer des moyens de facilitation.
Monty Jones, Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA)

La communication avec les agriculteurs a t-elle été négligée ? (© Neil Palmer (CIAT))
La communication avec les agriculteurs a t-elle été négligée ?
© Neil Palmer (CIAT)

Le besoin d'un langage plus simple se fait toujours ressentir de manière cruciale. Nous devons vraiment déstructurer l'idée de pauvreté et d'alimentation et formuler exactement ce que nous voulons dire dans un anglais simple.
Steve Newman, Biodiversity International

De nombreuses recherches scientifiques ont abouti à des effets concrets en termes de sécurité alimentaire, mais ceux-ci ne sont pas diffusés d'une manière simple à l'attention des décideurs politiques pour leur permettre d'élaborer des politiques qui pourront faire la différence dans la vie des gens. Nous devons donc simplifier nos messages et susciter l'intérêt de nos auditeurs pour voir se concrétiser nos objectifs.
Moses Tenywa, Université Makerere, Ouganda

Je pense que la manière dont nous communiquons avec les agriculteurs et dont nous recueillons leurs impressions, est un aspect qui a été négligé. Ce dont nous avons vraiment besoin, ce sont des méthodes innovantes peu couteuses et qui créent un lien avec le secteur privé, des approches novatrices comme la téléphonie mobile, le recours aux TIC mais également aux agriculteurs eux-mêmes en tant qu'agents vulgarisateurs par exemple ; des agriculteurs désireux d'initier leurs voisins à de nouvelles pratiques.
Steve Franzel, Centre Mondial d'Agroforesterie (World Agroforestry Centre - ICRAF)

Notre force, c'est la collaboration

Pour réussir il faut investir dans les populations et ce sont ces populations qui doivent pouvoir nous dire que nous avons changé leurs vies. Ceci ne pourra se produire que si nous développons les partenariats adéquats. Pas une personne, pas une organisation ne peut y arriver seule, nous devons travailler ensemble à tous les niveaux de la chaine des valeurs. Les résultats des recherches sont disponibles mais nous avons besoin de partenariats pour leur donner un impact réel.
Lindiwe Sibanda, Food, Agriculture and Natural Resources Policy Analysis Network (FANRPAN)

Les connaissances scientifiques concernant l'agriculture en Afrique doivent être diffusées efficacement (© FAO/Olivier Asselin)
Les connaissances scientifiques concernant l'agriculture en Afrique doivent être diffusées efficacement
© FAO/Olivier Asselin

Bien que l'on constate de grandes avancées dans de nombreux domaines en ce qui concerne les connaissances scientifiques relatives à l'agriculture en Afrique, cette recherche ne pourra se déployer efficacement que par la création de liens avec de nombreux autres acteurs : dans le secteur financier, dans le domaine de la vulgarisation ainsi que dans le milieu de l'enseignement. La recherche agronomique ne peut à elle seule aboutir au résultat.
Laurence Cockcroft

Nous ne pouvons pas continuer simplement à travailler chacun dans notre coin. Je pense qu'il est vraiment important que toutes les disciplines travaillent main dans la main si nous voulons avoir un impact.
Wilna Oldewage-Theron, Vaal University of Technology, Afrique du Sud

La clé consiste à amener toutes les parties prenantes à prendre en considération les problèmes de développement, principalement dans le domaine de l'agriculture, pour élaborer des solutions et les appliquer à grande échelle. Ceci est primordial et c'est ce que nous avons mis au point avec grand succès au travers de notre programme « Recherche Agricole Intégrée pour le Développement ».
Adewale Adekunle, FARA

*Parmi les principaux partenaires de l'Africa College, on compte l'Université de Leeds, l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA) et le Centre international de physiologie et d'écologie des insectes (ICIPE)

Date de publication: octobre 2011

 

The New Agriculturist is a WRENmedia production.

Ce site web utilise des cookies pour améliorer votre navigation. En continuant de le parcourir, vous marquez votre accord sur le fait que nous ayons recours aux cookies.
J'accepte
Pour en savoir plus